Décider dogmatiquement de refuser d’accueillir des étrangers met en péril notre république et l’avenir de l’humanité

Décider dogmatiquement de refuser d’accueillir des étrangers met en péril notre république et l’avenir de l’humanité

La question est fondamentale:

  • refusons-nous d’être la république de l’émancipation des individus, la république qui a donnée à la liberté de circulation le statut de valeur fondamentale de la république,
  • sommes-nous une annexe des multinationales leur fournissant, par nos citoyens, un marché captif, par nos fantasmes nationalistes, des moyens de diviser les travailleurs, par nos forces armées des moyens de stabiliser leurs approvisionnement à bas coût en ressources énergétiques, matières premières et… Produits manufacturés?

Les déclarations du type « nous ne pouvons pas accueillir toute la misère du monde mais nous faisons notre part » n’ont aucun fondement:

  • toute la misère du monde ne demande pas à venir ici: au niveau planétaire, les flux migratoire massifs ne peuvent se faire qu’à pied, de proche en proche, vers la région la moins éloignée où il est possible de survivre,
  • si la notion « d’appel d’air » pour l’immigration avait un sens qui ne serait pas largement compensable par « l’effet retour » induit par une diminution des contraintes alors, cet « appel d’air » ne durerait pas longtemps, il s’arrêterait dès que nos consommations par habitant ne seraient plus extrêmement supérieures aux moyennes mondiales.

A quoi bon ce genre de déclaration? Pour entretenir le fantasme que nous sommes privilégiés, que nos dirigeants économiques et politiques nous soignent si bien que toutes et tous les autres voudraient nous rejoindre pour avoir l’immense plaisir de les servir. Pour entretenir le fantasme qu’étant privilégiés nous devons diminuer nos solidarités, nous devons laisser à nos dirigeants une part plus importante du fruit de notre travail, pour entretenir l’idée qu’il existe une compétition entre pays alors que de toutes évidences économiques il n’y a qu’une optimisation de l’exploitation des possédés par les possédants…

Bref, quand on donne des excuses aux paroles du type « nous ne pouvons pas accueillir toute la misère du monde mais nous faisons notre part » on donne implicitement du poids aux dogmes suivants:

  • « nos dirigeants font du bon boulot : nos richesses internes sont bien réparties, »
  • « nous avons le droit d’accaparer pour notre seul usage toutes les ressources à venir de la planète, »
  • « nous pouvons continuer à consommer l’équivalent de 3 planètes par habitant: ce sont à celles et ceux qui consomment un dixième de planète par habitant de faire des efforts en crevant sans dégager trop de méthane parce que merde, nos enfants ont besoin d’avoir un ordinateur, un téléphone portable, un séjour dans un club vacances au Maroc parceque la fin de tout espoir de survie de l’humanité est le meilleur moyen d’enrichir le plus vite possible nos dirigeants… »
  • « Les étrangers, ils n’avaient qu’à naître ici, nous on l’a bien fait… »

C’est un peu difficile de penser qu’au XXIeme siècle une majorité d’honnêtes citoyens préfèrent suicider l’humanité au profit de leurs dirigeants plutôt que de partager les ressources de la planète.

Concrètement, une organisation de notre société qui permettrait de limiter nos consommations à ce que la terre peut supporter sans une ouverture massive des frontière serait par définition une organisation fascisante qui déciderait qui, selon sa naissance, ou tout autre critère, a le droit de vivre ou de mourir… Tiens, nous y sommes… Et si on changeait?

 

Paix et amour,

François NICOLAS

http://www.mingata.eu

Publicités

A propos François NICOLAS

Militant écolo, je veux agir pour que nous refusions enfin que la prospérité temporaire des un-e-s se traduise par la mort de faim définitive des autres : « Vivre simplement, pour que les autres puissent simplement vivre. » Aux objectifs de victoires de quelques-un-e-s construites au dépend de multiples défaites des autres (ce que vous appelez compétition, la rage au ventre, les poings serrés), je préfère les objectifs de partage, d’amour et de respect (ce que tu appelles utopie anarchiste, le sourire aux lèvres, la main ouverte).
Cet article a été publié dans Décroissance, Egalité, Fraternité, Liberté. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s