Charlie n’est pas mort, il bande encore.

Ce midi, nous avons participé massivement à un moment de recueillement. Je suis reconnaissant au président de notre république d’avoir décrété une journée de deuil national ce 8 janvier 2015. Je suis ravi qu’en honorant la mémoire des plus rebelles, des plus libertaires, des plus tendres, des moins politiquement disciplinés, des moins soumis à l’ordre établi, nos représentants affirment avec détermination leur volonté que nous restions un pays où la liberté d’expression n’est pas négociable, un pays où nous refusons les divisions artificielles, les violences, les intolérances. Un pays où le plus haut niveau de l’état tient à se que chacun et chacune reste libre de se railler des puissants, de se moquer de nos contradictions, de ne pas accepter l’inacceptable, de bousculer nos idées bien pensantes.

Maintenant c’est à nous toutes et tous de pleurer, de crier, de rire, de vivre. Nos frères mal comprenant en humanité n’ont de prise que sur nos corps, ils n’ont aucun moyen de « tuer Charlie Hebdo ». Ils continuerons à assassiner et ils peuvent aligner nos corps, mais ils ne peuvent toucher nos êtres.

Il n’y a pas de justice, de bonté divine naturelle, de guerre, de loi de la jungle qui épargnerait les plus justes, de loi du marché qui n’assassinerait pas les moins égoïstes. Le monde n’est ni cruel ni juste, ni bon ni mauvais. Il est ce que nous faisons de lui et pour supporter ce qui ne nous y ressemble pas, le rire et l’irrévérence sont des armes salutaires.

Pleurons, rigolons, ripaillons et profitons de chaque instant pour célébrer la vie, la liberté.

Nous pensons nos utopies et construisons nos rêves, nous disons nos rêves pour les vivre, nous sommes des êtres d’imagination, d’intelligence.

Laissons-les jouer sans nous ces tristes damoiseaux et demoiselles, qu’ils ou elles soient folles d’un Dieu, d’un drapeau, de leur pouvoir spirituel, économique ou politique. Laissons-les jouer sans nous ces promoteurs de guerres fratricides cherchant à imposer leurs fantasmes liberticides par les plus abjectes crimes. Laissons-les jouer sans nous ces promoteurs de sociétés sécuritaires cherchant à augmenter leurs atteintes à nos libertés par les restrictions de nos droits. Ne leur prêtons pas des pouvoirs qu’ils n’ont pas. Ne leur prêtons pas le pouvoir de définir qui nous sommes.

Pour faire de la place à nos rêves, pour éloigner nos cauchemars, ne pas les fortifier en leur prêtant un sérieux qu’ils ne méritent pas, continuons à les railler, à pointer leurs incohérences, à mettre en évidence leur ridicule. Restons irrévérencieux pour ne pas leur laisser de prise.

N’ayons pas peur de relire et rire des blagues des disparus, de reprendre leurs combats, de continuer à rire de tous et de toutes, à commencer par rire de nous-mêmes, à rire de nos propres démons car, en somme, il n’y a qu’une terre et qu’une seule humanité.

Allez, amusons-nous, dansons, chantons et rigolons : « Charlie n’est pas mort, il bande encore. »

 

Liberté, égalité, fraternité et déconnade,

 

François NICOLAS, REZE(44)

http://www.mingata.eu

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A propos François NICOLAS

Militant écolo, je veux agir pour que nous refusions enfin que la prospérité temporaire des un-e-s se traduise par la mort de faim définitive des autres : « Vivre simplement, pour que les autres puissent simplement vivre. » Aux objectifs de victoires de quelques-un-e-s construites au dépend de multiples défaites des autres (ce que vous appelez compétition, la rage au ventre, les poings serrés), je préfère les objectifs de partage, d’amour et de respect (ce que tu appelles utopie anarchiste, le sourire aux lèvres, la main ouverte).
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