A les laisser crever, nous mourrons.

Personne n’a jamais demandé à ce que l’Europe accueille « toute la misère du monde ».

D’une part, tous les migrants ne cherchent pas à nous rejoindre: les migrations sont majoritairement internes aux frontières, plus rarement vers des pays limitrophes et encore plus rarement après un parcours de milliers de kilomètres. Ce n’est qu’une part des migrants que, ces quarante dernières années, par le durcissement des conditions d’entrée, nous avons poussée dans les bras de passeurs de moins en moins soucieux de la vie de leurs « clients ». Et, comme nous, pays riches en devise, nous imposons notre modèle, le durcissement de nos propres frontières s’exporte vers tous les pays, ne serait-ce que parce qu’une part significative des aides aux pays pauvres en devise est aujourd’hui spécifiquement dédiée aux renforcements de leurs propres frontières. Ceci augmente les conséquences des guerres et catastrophes puisque les hommes, femmes et enfants qui cherchent à survivre peuvent de moins en moins se déplacer dans les pays limitrophes aux leurs. Ainsi, notre construction d’une « Europe forteresse », construit des murs bien au-delà de nos frontières et transforme la nature même de l’humanité. Une humanité constituée de peuples tout d’abord majoritairement nomades, pour majoritairement  sédentaires et, maintenant, alors que nous n’avons jamais pu communiquer et voyager aussi facilement, de plus en plus refermés sur eux-mêmes: une humanité qui fini par oublier l’accueil, le partage, le bonheur de vivre ensemble, une humanité qui suicide son… humanité.

D’autre part, l’idée même « d’accueillir la misère » n’a pas réellement de sens. En effet, tout humain, s’il est en vie, est économiquement un générateur de richesse [ceci n’a rien à voir avec l’emploi, mais c’est un autre débat pour lequel je ne puis que vous conseiller de vous rapprocher du Mouvement Français pour un Revenu de Base inconditionnel(*1)]. Ainsi, plus nous sommes, plus nous nous enrichissons.

Enfin, cette soit-disant impossibilité « d’accueillir toute la misère du monde » ne se base pas sur les ressources disponibles. Il n’y a de soucis que lorsque les consommations dépassent les ressources mais, nous ne sommes plus auto-suffisant depuis longtemps: notre pays n’a plus suffisament de ressources internes pour garantir nos niveaux de vie, nous vivons déjà sur des ressources extérieures à nos frontières: la surconsommation des ressources est un problème mondial, les migrations n’y changent pas grand chose[C’est là aussi un autre débat que celui de notre sur-consommation(*2)].

Cette soit-disant impossibilité se basent sur la volonté de nos classes dirigeantes de ne rien changer qui pourraient remettre en cause leurs pouvoirs et privilèges. Sur leurs volontés de diviser les travailleurs, qu’ils soient ouvriers, commerciaux, cadres, ingénieurs, techniciens, médecins (…), afin que ne soit pas remis en question l’appropriation d’une part disproportionnée des richesses produites par une minorité de possesseurs de capitaux, afin que ces dirigeants continuent à nous inciter à nous battre pour ce qu’ils nous laissent de ce que mondialement nous produisont(*3).


La libre circulation des personnes est un droit nécessaire à la survie de l’humanité.

Cette libre circulation est ici à entendre dans le contexte actuel de fermeture de nos frontières face aux femmes, hommes et enfants qui fuient les guerres, les catastrophes, les persécutions…
Cette libre circulation est à entendre face à nos actuelles peurs des femmes, hommes et enfants qui cherchent seulement à survivre ou à vivre.

DROIT
(source : http://www.unesco.org/)
« Le refoulement signifie l’expulsion de personnes qui ont le droit d’être reconnues comme réfugiés. Le principe de non-refoulement est un principe clé du droit international relatif aux réfugiés, qui stipule qu’aucun Etat ne refoulera de quelque manière que ce soit un réfugié vers un pays où sa vie ou sa liberté peut être menacée. Ce principe inclut également la non-expulsion aux frontières. La base juridique de ce principe se trouve à l’article 33 de la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés. Il constitue la base juridique de l’obligation des Etats de fournir une protection internationale à ceux qui en ont besoin. L’article 33(1) stipule: « Aucun des Etats contractants n’expulsera ou ne refoulera, de quelque manière que ce soit, un réfugié sur les frontières des territoires où sa vie ou sa liberté serait menacée en raison de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques. »  »

SURVIE
D’une part, la libre circulation des personnes est nécessaire à la survie matérielle : les peuples humains ont survécus à de nombreuses catastrophes grâce à leurs mobilités.
D’autre part, la libre circulation des personnes est nécessaire à la survie spirituelle : l’humanité n’est plus si nous laissons mourir celles et ceux qui ont juste besoin de fuir pour leur survie, il ne reste alors que des existences vides de sens.

François NICOLAS, REZE(44)
http://www.mingata.eu

(*1) le site du MFRB: http://revenudebase.info/

(*1′)

(*2)

(*3) « Un banquier prend le thé son médecin. Le serveur apporte six viennoiseries. Le banquier en mange cinq puis, il dit à son médecin: attention, le serveur est un étranger, il pourrait voler ta part. »

 

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A propos François NICOLAS

Militant écolo, je veux agir pour que nous refusions enfin que la prospérité temporaire des un-e-s se traduise par la mort de faim définitive des autres : « Vivre simplement, pour que les autres puissent simplement vivre. » Aux objectifs de victoires de quelques-un-e-s construites au dépend de multiples défaites des autres (ce que vous appelez compétition, la rage au ventre, les poings serrés), je préfère les objectifs de partage, d’amour et de respect (ce que tu appelles utopie anarchiste, le sourire aux lèvres, la main ouverte).
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