Droites dures et capitalisme

Comme il y a une quantité limité de matières premières, pour s’approprier de plus en plus de ressources, les plus riches doivent priver les plus pauvres des ressources nécessaires à leur survie.

Ainsi, les mécanismes d’augmentation sans limite des richesses des moins pauvres, comme, par exemple, les boucliers fiscaux, conduisent mécaniquement à l’augmentation des pénuries.

En période de pénurie, il y a principalement deux directions possibles :

  • partager équitablement les ressources mais ceci nécessitent de diminuer les égoïsmes des plus riches,
  • ou, augmenter les compétitions, les luttes à mort pour les ressources, mais ceci nécessite de diminuer les libertés individuelles, de renforcer les frontières, de conduire des guerres…

Les gouvernements soit-disant modérés, ceux-là même supposés vouloir préserver les valeurs républicaines, sont aveuglés par le fantasme d’une croissance infinie dans notre monde fini alors, mécaniquement, pour sauvegarder les plus riches, ils en viennent à diminuer les libertés individuelles, à renforcer les frontières, à conduire des guerres…

En trente ans de petits reculs démocratiques pour soutenir à bout de bras la croissance du PIB, ils transforment progressivement notre république et font la part belle aux droites les plus dures. Il aident par leurs aveuglements productivistes à crédibiliser le nationalisme, les compétitions fratricides, la xénophobie,…

Ces dogmes sont aujourd’hui « la pensée unique » :

  • il est plus facile de se dire nationaliste qu’altermondialiste,
  • il est difficile de faire entendre l’évidence : toute compétition est mécaniquement une machine à fabriquer des perdants, une machine à broyer,
  • il est plus facile de tenir des propos xénophobes que de défendre des humains de  nationalité étrangère,

Agfa, BASF, Bayer, Général motors, Opel, IBM, Krupp, Porsche , Volkswagen, (*) … Quelques exemples qui montrent que les droites les plus extrêmes sont les alliés objectifs des plus plus grands groupes capitalistes. Les multinationales sont ravies de trouver dans les régimes autoritaires des débouchés commerciaux captifs et des travailleurs aux libertés individuelles très diminuées tandis que les régimes les plus autoritaires, par leur fascination pour la centralisation des pouvoirs, sont ravis de concentrer les capitaux dans quelques  mains amies.

Il est toujours temps de changer de direction, il est toujours temps d’en finir avec la volonté de favoriser une croissance infinie dans un monde fini, d’en finir avec le toujours plus vite, toujours plus haut, toujours plus injuste, toujours plus exploité, toujours moins de démocratie, toujours moins d’humanité.

Il est toujours temps de choisir une autre voie, celle du partage des ressources, celle du partage du travail, celle de la diminution des frontières, celles des échanges, celle de la démocratie, celle de l’équilibre, celle de la prospérité.

 

Décroissance,

 

François NICOLAS, REZÉ(44), http://mingata.eu

 

(*)

Agfa, BASF, Bayer , … « Durant la guerre, IG Farben soutient le gouvernement nazi qui veut l’associer dès 1940 à l’Ordre économique nouveau, en lui permettant de bénéficier d’une main d’œuvre peu chère (début 1941, IG employait 12 360 étrangers, dont 2 162 prisonniers de guerre 6) et d’un « bloc économique allant de Bordeaux à Sofia »7, et tout en poursuivant une stratégie de cartel visant à dominer le marché mondial de la chimie des colorants de l’après-guerre8. Durant cette période de conflit, la direction de l’entreprise n’adhère pas totalement à la stratégie nazie qui envisageait notamment, une fois la guerre terminée, de délocaliser dans les pays périphériques la chimie allemande (…) De plus, l’une de ses filiales, la Degesch, produisant le gaz Zyklon B, initialement utilisé comme insecticide et raticide, en produira de grandes quantités pour les nazis qui les utiliseront dans les chambres à gaz de certains camps d’extermination. Pour satisfaire à la demande grandissante de main-d’œuvre, la société exploita aussi des travailleurs forcés dans plusieurs camps de travail. Au faîte de sa puissance, le conglomérat employa environ 190 000 personnes, dont 80 000 travailleurs forcés.  » (Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/IG_Farben )

Général motors, Opel,… « Durant cette période, ses usines allemandes d’Opel (acquises en 1929) sont sous le contrôle du régime nazi, mais seulement en façade. Le gouvernement allemand avait compris qu’une ingérence trop grande risquait de faire baisser la production et ainsi nuire à l’effort de guerre allemand8. Durant cette période, GM continua d’engranger des bénéfices, en exploitant une main d’œuvre bon marché, qui pouvait effectuer jusqu’à 60 heures par semaine. Elle utilisa une partie de ses bénéfices pour investir en Allemagne, en faisant notamment l’acquisition d’une fonderie à Leipzig en 1942, fabriquant des blocs moteurs pour Opel. »(source : https://fr.wikipedia.org/wiki/General_Motors#1908_:_origines )

IBM… « Ce sont aussi ces recensements efficaces, contenant des données ethniques et religieuses, qui permirent aux nazis de se saisir rapidement et presque totalement des populations de Juifs et de Roms en Allemagne et, avec une efficacité plus variable, dans les autres pays sous domination allemande. Edwin Black, dans son livre intitulé IBM et l’holocauste publié d’abord en anglais en 2001 puis en français la même année, démontre que le système informatique vendu par la corporation IBM (surtout la machine Hollerith) et les cartes perforées imprimées aux États-Unis expliquent en grande partie l’efficacité du recensement des Juifs et des Roms sous le Troisième Reich ce qui donna à ces machines IBM, ainsi qu’aux experts qui les faisaient fonctionner, un rôle essentiel dans la Shoah. » (source : https://fr.wikipedia.org/wiki/International_Business_Machines#IBM_et_le_r.C3.A9gime_nazi )

Krupp « La société a considérablement profité du réarmement illégal allemand des années 1920 et 1930. Gustav Krupp, en dépit de son opposition initiale au parti nazi, lui a fait des dons personnels importants, avant l’élection de 1933, parce qu’il voyait les avantages du nazisme pour l’entreprise. Il avait notamment fondé, avec Martin Bormann, le fonds Adolf Hitler de l’économie allemande (en), don du patronat pour soutenir le NSDAP. » (source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Alfried_Krupp_von_Bohlen_und_Halbach )

Porsche , Volkswagen… « En 1933, Ferdinand Porsche répond à la demande de Hitler et développe un modèle d’automobile démocratique, qui sera commercialisé en 1938 sous le nom de « Volkswagen », « voiture du peuple ». Elle est connue en France sous le nom de Coccinelle. » (source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Porsche )

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A propos François NICOLAS

Militant écolo, je veux agir pour que nous refusions enfin que la prospérité temporaire des un-e-s se traduise par la mort de faim définitive des autres : « Vivre simplement, pour que les autres puissent simplement vivre. » Aux objectifs de victoires de quelques-un-e-s construites au dépend de multiples défaites des autres (ce que vous appelez compétition, la rage au ventre, les poings serrés), je préfère les objectifs de partage, d’amour et de respect (ce que tu appelles utopie anarchiste, le sourire aux lèvres, la main ouverte).
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