Archives du mot-clé Démocratie

Stop, rewind! Et si nous restaurions la démocratie, le pouvoir du peuple?

Alerté par la lecture de messages dénonçant l’instrumentalisation de la dernière élection de miss France par des activistes néo-nazis, j’ai regardé quelques vidéos sur cette élection.

Il semble que même ce concours de beauté respecte bien plus que nos élections politiques le non-cumul des mandats dans le temps et la représentativité de la population française. Ceci n’est-il pas inquiétant? N’est-il pas urgent de changer?

D’années en années, les personnalités françaises préférées des françaises sont à l’image de notre pays mais d’élections en élections, les représentantes que nous élisons sont à l’image de celles déjà en place, ne représentent plus qu’elles-même. Quel que soit le parti, nous retenons parmi les candidates à la candidatures, en premier lieu, celles qui ont déjà été élues dans le passé ou ont déjà un pouvoir d’influence avéré, celles qui n’appartiennent plus, dans notre imaginaire, au peuple mais à la classe dirigeante.

J’ai le sentiment que nous confondons les sélections des agents publics pour leurs compétences, leur savoir-faire, avec les élections qui devraient permettre de placer le peuple à leur tête, dans le respect du principe de notre République « gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ».

Nous, adhérentes à de divers partis politiques, malgré nos sincères engagements contre les discriminations, ne serions-nous pas les premières coupables des discriminations? Si nous sommes incapables d’en finir avec les compétitions fratricides et les oligarchies, les calculs électoraux et la reconduite des classes dominantes, comment pouvons-nous espérer construire un monde plus juste?

Ce constat d’échec est toujours le même. Ne serait-il pas temps que nous remettions en cause les conclusions des débats des fondateurs de la république française où ont gagné celles qui souhaitaient éviter de donner le pouvoir au peuple et préféraient le réserver, grâce aux votes, à la classe dirigeante? Ne serait-il pas urgent de revenir à ce qui pendant des siècles a été considéré comme synonyme de démocratie:

  •  le débat permanent entre toutes les citoyennes,
  • la désignation des dirigeantes par tirage au sort et uniquement pour des mandats courts,
  • le contrôle permanent des dirigeantes et l’engagement de leur responsabilité personnelle dans toutes leurs décisions.

Ne serait-il pas temps de mettre un terme aux compétitions? N’est-il pas urgent de bannir de notre démocratie les enjeux de pouvoir qui broient notre humanité?

Comment prétendre sérieusement qu’en basant notre démocratie sur des compétitions nous ne favorisons pas les organisations et théories politiques qui divisent l’humanité?

Paix et amour,

François NICOLAS, REZE(44)

http://www.festivalnikon.fr/video/2013/1394

PS: http://hasard.europe-ecologie.net/about/

Qu’est-ce que… la croissance?

Qu’est-ce que la croissance?


Avant d’évoquer la décroissance, il est utile de réfléchir à ce qu’est la croissance, de prendre un peu de recul sur l’économie qu’elle dessine…


 

Nos dirigeants sont dévoués à la croissance. Ils consacrent toutes les ressources de l’humanité, actuelle et à venir, à l’idée d’une croissance infinie du produit intérieur brut, le P.I.B.

La croissance du P.I.B. ne mesure pas les richesses produites mais la traduction financière de l’activité économique.

La croissance du P.I.B. mesure le coût financier réel ou estimé de nos activités, quelles que soient nos activités.

Produire toujours plus de choses, même inutiles ou néfastes, voilà ce qu’est une politique basée sur la croissance.

A la sortie de la guerre, quand nous devions reconstruire la France, il fallait produire massivement, la croissance du P.I.B pouvait coïncider avec le progrès. Ce n’est plus le cas. Chômage subit, inégalités, soins médicaux inaccessibles, pénuries de logements, égoïsmes, solitudes, violences, on nous dit que c’est la crise.

On nous dit que ce n’est qu’une crise, qu’il nous faut faire des efforts mais, il y a une autre explication. Regardons les choix économiques qu’entraîne la volonté de croissance du P.I.B.

Jeter et fabriquer augmente le P.I.B. alors, nous produisons des biens fragiles qu’on ne répare plus.

Plus vite un bien est démodé, plus vite il faut en fabriquer un autre, plus vite le P.I.B. augmente alors, les propagandes commerciales nous expliquent qu’il est utile de posséder les dernières nouveautés.

Moins il y a d’entraides entre les humains, plus un citoyen est dépendant du système, plus les consommations personnelles augmentent : égoïsmes et solitudes sont bons pour le PIB alors, structurellement, les liens entre les citoyens diminuent.

Comme une société privée doit rémunérer ses actionnaires, quand on privatise un service public, le P.I.B. est augmenté des bénéfices que la société privée doit dégager, alors, toute politique de croissance doit réduire les services publics.

Dans une économie d’offre et de demande, ce qui est abondant est gratuit, donc mauvais pour la croissance du PIB : tout système basé sur la croissance doit favoriser la rareté, priver une part grandissante de la population de biens essentiels, tous les biens et services auparavant gratuits deviennent payants.

Bilan

La croissance voulue par la pensée unique n’est que la croissance infinie du P.I.B. Elle est en contradiction avec le progrès, l’efficacité, la liberté, la générosité du vivant, l’abondance des énergies, le respect de l’avenir.

La croissance infinie du P.I.B. nécessite la création perpétuelle de nouveaux besoins. Ainsi, une économie basée sur une croissance infinie doit maintenir les citoyens dans un état d’insatisfaction permanente.

Loin du « vivre ensemble » une société basée sur la croissance du P.I.B. est une société du « consomme pour toi ».

La croissance n’est pas liée au progrès de l’humanité. Elle est cette « crise » qui nous détruit.

La croissance est cette « crise » qui nous détruit.

Décroissance.

François NICOLAS, Rezé(44)