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Loi anti-non-mixité

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LOI N° 4572

Votée le 1er avril 2021.

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La cohésion nationale étant menacée par la recrudescence des réunions en non-mixité.

Article 1er : Il est interdit d’interdire à un homme de participer à une réunion féministe.

Article 2 : Il est interdit de réserver une compétition sportive aux personnes d’un même sexe.

Article 3 : Il est interdit d’interdire un office religieux à une personne au seul motif de sa non-appartenance à une religion.

Article 4 : Il est interdit de réserver les réunions des alcooliques anonymes aux alcooliques anonymes.

Article 5 : Il est interdit de ne constituer des équipes de football qu’avec des joueurs ou joueuses de football.

Article 6 : Il est interdit de tenir une réunion syndicale avec les salariés d’une entreprise sans autoriser les dirigeants de cette entreprise à y participer.

Article 7 : Il est interdit d’organiser une réunion réservée aux victimes potentielles d’un ou de plusieurs types de discrimination.

A les laisser crever, nous mourrons.

Personne n’a jamais demandé à ce que l’Europe accueille « toute la misère du monde ».

D’une part, tous les migrants ne cherchent pas à nous rejoindre: les migrations sont majoritairement internes aux frontières, plus rarement vers des pays limitrophes et encore plus rarement après un parcours de milliers de kilomètres. Ce n’est qu’une part des migrants que, ces quarante dernières années, par le durcissement des conditions d’entrée, nous avons poussée dans les bras de passeurs de moins en moins soucieux de la vie de leurs « clients ». Et, comme nous, pays riches en devise, nous imposons notre modèle, le durcissement de nos propres frontières s’exporte vers tous les pays, ne serait-ce que parce qu’une part significative des aides aux pays pauvres en devise est aujourd’hui spécifiquement dédiée aux renforcements de leurs propres frontières. Ceci augmente les conséquences des guerres et catastrophes puisque les hommes, femmes et enfants qui cherchent à survivre peuvent de moins en moins se déplacer dans les pays limitrophes aux leurs. Ainsi, notre construction d’une « Europe forteresse », construit des murs bien au-delà de nos frontières et transforme la nature même de l’humanité. Une humanité constituée de peuples tout d’abord majoritairement nomades, pour majoritairement  sédentaires et, maintenant, alors que nous n’avons jamais pu communiquer et voyager aussi facilement, de plus en plus refermés sur eux-mêmes: une humanité qui fini par oublier l’accueil, le partage, le bonheur de vivre ensemble, une humanité qui suicide son… humanité.

D’autre part, l’idée même « d’accueillir la misère » n’a pas réellement de sens. En effet, tout humain, s’il est en vie, est économiquement un générateur de richesse [ceci n’a rien à voir avec l’emploi, mais c’est un autre débat pour lequel je ne puis que vous conseiller de vous rapprocher du Mouvement Français pour un Revenu de Base inconditionnel(*1)]. Ainsi, plus nous sommes, plus nous nous enrichissons.

Enfin, cette soit-disant impossibilité « d’accueillir toute la misère du monde » ne se base pas sur les ressources disponibles. Il n’y a de soucis que lorsque les consommations dépassent les ressources mais, nous ne sommes plus auto-suffisant depuis longtemps: notre pays n’a plus suffisament de ressources internes pour garantir nos niveaux de vie, nous vivons déjà sur des ressources extérieures à nos frontières: la surconsommation des ressources est un problème mondial, les migrations n’y changent pas grand chose[C’est là aussi un autre débat que celui de notre sur-consommation(*2)].

Cette soit-disant impossibilité se basent sur la volonté de nos classes dirigeantes de ne rien changer qui pourraient remettre en cause leurs pouvoirs et privilèges. Sur leurs volontés de diviser les travailleurs, qu’ils soient ouvriers, commerciaux, cadres, ingénieurs, techniciens, médecins (…), afin que ne soit pas remis en question l’appropriation d’une part disproportionnée des richesses produites par une minorité de possesseurs de capitaux, afin que ces dirigeants continuent à nous inciter à nous battre pour ce qu’ils nous laissent de ce que mondialement nous produisont(*3).


La libre circulation des personnes est un droit nécessaire à la survie de l’humanité.

Cette libre circulation est ici à entendre dans le contexte actuel de fermeture de nos frontières face aux femmes, hommes et enfants qui fuient les guerres, les catastrophes, les persécutions…
Cette libre circulation est à entendre face à nos actuelles peurs des femmes, hommes et enfants qui cherchent seulement à survivre ou à vivre.

DROIT
(source : http://www.unesco.org/)
« Le refoulement signifie l’expulsion de personnes qui ont le droit d’être reconnues comme réfugiés. Le principe de non-refoulement est un principe clé du droit international relatif aux réfugiés, qui stipule qu’aucun Etat ne refoulera de quelque manière que ce soit un réfugié vers un pays où sa vie ou sa liberté peut être menacée. Ce principe inclut également la non-expulsion aux frontières. La base juridique de ce principe se trouve à l’article 33 de la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés. Il constitue la base juridique de l’obligation des Etats de fournir une protection internationale à ceux qui en ont besoin. L’article 33(1) stipule: « Aucun des Etats contractants n’expulsera ou ne refoulera, de quelque manière que ce soit, un réfugié sur les frontières des territoires où sa vie ou sa liberté serait menacée en raison de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques. »  »

SURVIE
D’une part, la libre circulation des personnes est nécessaire à la survie matérielle : les peuples humains ont survécus à de nombreuses catastrophes grâce à leurs mobilités.
D’autre part, la libre circulation des personnes est nécessaire à la survie spirituelle : l’humanité n’est plus si nous laissons mourir celles et ceux qui ont juste besoin de fuir pour leur survie, il ne reste alors que des existences vides de sens.

François NICOLAS, REZE(44)
http://www.mingata.eu

(*1) le site du MFRB: http://revenudebase.info/

(*1′)

(*2)

(*3) « Un banquier prend le thé son médecin. Le serveur apporte six viennoiseries. Le banquier en mange cinq puis, il dit à son médecin: attention, le serveur est un étranger, il pourrait voler ta part. »

 

Les statistiques ethniques sont des outils au service du racisme

Je me souviens d’un ami reçu au concours d’inspecteur de Police, il y a une vingtaine d’année. La première année, il nous disait: « je comprends qu’on dise que les noirs ou les arabes sont des voyous, ce sont les seuls qu’on contrôlent ». Dans ce cadre, une statistique ethnique ne lutterait pas contre le racisme mais l’amplifierait. En effet, ce sont toujours les raccourcis les plus direct que nous retenons. Nous retiendrions que si l’on contrôle « les noirs et les arabes », c’est qu’il y a une raison. Et, comme il n’est pas immédiat de comprendre ce qui nous a conduit à ces situations, la raison immédiatement retenue ne serait très probablement pas liée aux discriminations, aux rejets, aux racismes et, au contraire, une telle statistique permettrait à nos extrêmes droites de justifier à postériori le racisme et la xénophobie.

En France, il est heureusement interdit de tenir des propos stigmatisant tel ou tel groupe de personnes selon la couleur de la peau.

Ainsi, les racistes doivent s’exprimer par ellipse, par des expressions a priori légales mais qui sous-entendent des affirmations racistes, par des expressions qui, petit à petit, influencent chacun de nous, nous incitent à penser en associant aux couleurs de peau des caractéristiques sans rapport autre que statistiques.

La génétique a permis de prouver l’inexactitude des hypothèses racistes de la biologie du début du 20ième siècle: nous savons depuis quelques dizaines d’années que la couleur de la peau n’est directement associée à aucune autre caractéristique. Ce n’est pas l’absence de couleurs de peau mais cette vérité scientifique qu’affirment ceux qui clament qu’il n’existe pas plusieurs races humaines, que la notion de race n’est pas une catégorisation scientifique, juste une division des humains selon la couleur.

Ainsi, c’est une chance que le législateur interdise les statistiques ethniques: ceci permet de ne pas donner aux racistes des occasions de faire croire à l’association des couleurs avec des caractéristiques autres que… la couleur.

Combien de cadres supérieurs consommateurs d’une drogue dure, ou complices d’un délit financier, ne seront jamais contrôlés, dans les quartiers riches en argent, cette année? Combien de noirs parfaitement honnêtes seront contrôlés une dizaine de fois, dans les quartiers pauvres en argent, cette année? De même qu’il serait abusif de déduire de ce cercle vicieux un quelconque racisme des forces de police, d’attiser la haine contre celles et ceux qui travaillent pour le respect des lois, il est abusif d’en tirer des préjugés raciaux, d’attiser les plus vils haines, racismes et xénophobies.

 

Nous sommes une et une seule humanité.

 

François NICOLAS, REZE(44)

http://www.mingata.eu

En intelligence comme en connerie, nous sommes une et une seule humanité.

Que le racisme n’ait pas de couleur démontre son absurdité.

Je lis régulièrement des commentaires ou articles où les auteurs disent en substance que puisqu’ils ont déjà entendu un noir ou un arabe insulter notre pays, il n’y a pas lieu de lutter contre le racisme et les discriminations, je suis persuadé du contraire.

Je me souviens d’une attente dans une file de cinéma, d’un homme qui, m’affublant de noms d’oiseaux ou de singes, me demandait sans ménagement de rentrer manger des bananes chez moi. Au bout de quelques minutes, c’est un ami qui a demandé à cet homme d’arrêter : il n’avait pas l’habitude d’entendre un de ses amis insulté de la sorte.

Ceci fait toujours mal mais, souvent, je laisse dire. Au fil des années, on apprend que protester ne sert à rien si ce n’est que d’entendre les insultes redoubler d’intensité ou recevoir des coups; on apprend à ne pas penser les insultes comme l’expression d’une pensée profonde et raisonnée; on apprend à plaindre ceux qui ont besoin de se raccrocher à des boucs émissaires, ceux qui ont besoin, pour s’aimer, de détester, on apprend à ne pas donner prise aux insultes, on apprend que ceux-là même qui insultent, s’ils apprennent à nous connaître, s’il apprennent à se connaître, peuvent devenir des amis, au même titre que tout autre humain.

Je crois que l’immense majorité des noirs ou arabes de France laissent courir les insultes, courbent l’échine en attendant que ça se calme. Mais en quoi est-il étonnant que certains arabes ou noirs ne soient pas plus équilibrés que ceux qui nous insultent? La connerie, le racisme, la xénophobie, la bêtise, l’agressivité sont évidement partagés indépendamment de la couleur de peau.

A mon sens, au contraire d’affaiblir le besoin de lutte contre les discriminations, le «racisme anti-français» dont les partisans des replis identitaires font tant de publicité, puisqu’il prouve que la maladresse, la peur ou l’ignorance entraînent des réactions haineuses indépendamment de la couleur de la peau, conforte la pertinence de la lutte contre le racisme et les discriminations.

En intelligence comme en connerie, nous sommes une et une seule humanité.

François NICOLAS
http://www.mingata.eu

(article initialement publié le 08/03/2010 sur « Le Post »)

FN, recyclage d’une vieille réaction…

« Sont-ils conscients que leur lutte ne prend tous son sens que dans l’offensive mondiale d’exacerbation des nationalismes visant à diviser les exploités de toutes nationalités et de tous pays pour éviter qu’ils se retournent contre celles et ceux qui les exploitent?

Ne laissons pas nos exploiteurs nous diviser et annihiler le bénéfice des facilités de déplacement et de communications modernes qui nous rapprochent et favorisent l’émergence d’une insurrection des consciences face à ces divisions, ces haines et ces compétitions qui détruisent l’humanité. »

Même sortis de leur contexte, ces mots ont un sens, non? ( le contexte d’origine : https://francoisnicolas44.wordpress.com/2013/10/26/quest-ce-que-le-droit-du-sol/)

 

Paix, amour et recyclage,

 

François NICOLAS, REZE(44)

http://mingata.eu/

Stop, rewind! Et si nous restaurions la démocratie, le pouvoir du peuple?

Alerté par la lecture de messages dénonçant l’instrumentalisation de la dernière élection de miss France par des activistes néo-nazis, j’ai regardé quelques vidéos sur cette élection.

Il semble que même ce concours de beauté respecte bien plus que nos élections politiques le non-cumul des mandats dans le temps et la représentativité de la population française. Ceci n’est-il pas inquiétant? N’est-il pas urgent de changer?

D’années en années, les personnalités françaises préférées des françaises sont à l’image de notre pays mais d’élections en élections, les représentantes que nous élisons sont à l’image de celles déjà en place, ne représentent plus qu’elles-même. Quel que soit le parti, nous retenons parmi les candidates à la candidatures, en premier lieu, celles qui ont déjà été élues dans le passé ou ont déjà un pouvoir d’influence avéré, celles qui n’appartiennent plus, dans notre imaginaire, au peuple mais à la classe dirigeante.

J’ai le sentiment que nous confondons les sélections des agents publics pour leurs compétences, leur savoir-faire, avec les élections qui devraient permettre de placer le peuple à leur tête, dans le respect du principe de notre République « gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ».

Nous, adhérentes à de divers partis politiques, malgré nos sincères engagements contre les discriminations, ne serions-nous pas les premières coupables des discriminations? Si nous sommes incapables d’en finir avec les compétitions fratricides et les oligarchies, les calculs électoraux et la reconduite des classes dominantes, comment pouvons-nous espérer construire un monde plus juste?

Ce constat d’échec est toujours le même. Ne serait-il pas temps que nous remettions en cause les conclusions des débats des fondateurs de la république française où ont gagné celles qui souhaitaient éviter de donner le pouvoir au peuple et préféraient le réserver, grâce aux votes, à la classe dirigeante? Ne serait-il pas urgent de revenir à ce qui pendant des siècles a été considéré comme synonyme de démocratie:

  •  le débat permanent entre toutes les citoyennes,
  • la désignation des dirigeantes par tirage au sort et uniquement pour des mandats courts,
  • le contrôle permanent des dirigeantes et l’engagement de leur responsabilité personnelle dans toutes leurs décisions.

Ne serait-il pas temps de mettre un terme aux compétitions? N’est-il pas urgent de bannir de notre démocratie les enjeux de pouvoir qui broient notre humanité?

Comment prétendre sérieusement qu’en basant notre démocratie sur des compétitions nous ne favorisons pas les organisations et théories politiques qui divisent l’humanité?

Paix et amour,

François NICOLAS, REZE(44)

http://www.festivalnikon.fr/video/2013/1394

PS: http://hasard.europe-ecologie.net/about/

De belles personnes

De vielles photos, une histoire que l’on devine complexe, le souvenir de belles personnes qui soutiennent, réconfortent et aiment.

de belles personnes.jpg

Souvenir épuré : se refuser toute musique qui orienterait le ressenti.

Souvenir brut : rendre compte de l’imprécision en rendant visible le grain des photos, rendre compte de la confusion des souvenirs par des défilements de négatifs.

Chuchotements, hésitations, silences.

Nous ne nous rappelons pas de nos premiers souvenirs mais ce sont ceux qui nous touchent le plus, les plus précieux.

Se souvenir, c’est s’émouvoir.

La vidéo est ici: http://www.festivalnikon.fr/video/2013/1394

Négritude – Petites anecdotes personnelles

(Petites anecdotes personnelles initialement publiées sur http://negritude.europe-ecologie.net )

naissance

Entretien d’embauche

Entendre sans y croire : « Déjà que vous êtes noir, il faudrait faire quelque chose pour vos cheveux.
– Déjà que je suis noir? Expliquez-moi.
– Bin oui, je ne suis pas raciste mais, parfois, avec certains clients ou collègues, ceci peut poser des problèmes.

Contrôle au faciès

Discuter place royale avec deux amis, être interrompu une vérification d’identité. Des trois je suis le seul noir et le seul à qui on demande de présenter ses papiers. Un petit rien insignifiant mais… Quand même… Non?

CV, avec ou sans photo?

Fin de la scolarité, un profil supposé en phase avec le marché de l’emploi, 100 CV envoyés, 3 réponses… Faire un test, garder le même CV, supprimer la photo : 10 CV envoyés, 7 réponses. Assez de jérémiades, quand on a la chance d’avoir un CV attirant, on a qu’à s’en prendre à soi-même si on ne fait pas l’effort de changer de couleur de peau.

Une question d’habitude

Attendre l’ouverture d’une séance de cinéma avec des amis, dans la rue. Voir un homme se rapprocher de moi. Respirer ses vapeurs d’alcool, écouter un flot ininterrompu de mots fleuris et imagés, « apprendre » que je n’ai rien d’un homme, que mon pays n’est pas mon pays, rester attentif pour ne pas être surpris s’il passe aux coups… Après quelques minutes, un de mes amis intervient, excédé, il n’a pas l’habitude, je suis son seul ami noir…

La glorification, depuis plus de vingt ans, des thèses racistes ou xénophobes par les politiques de tous bords, libère les intolérances. L’habitude nous conditionne, nous acceptons le pire. Qu’une journaliste ose appeler les « gros cons » par leurs noms et c’est toute la classe politique qui proteste contre son manque de respect envers des électeurs et électrices potentielles. Que ceci encourage les discriminations, ceci n’a aucun importance, nous avons l’habitude… Et si nous changions d’habitude?

Qu’est-ce donc qu’un habitué?

Il y a quelques années, quand la modération ne me conduisait pas à nourrir quelques réticences vis-à-vis des rythmes diffusés à des volumes incompatibles avec la préservation de mon audition, nous avions choisi, avec quelques amis, de poursuivre une soirée en entrant dans une discothèque qu’aucun de nous n’avait auparavant expérimentée. Guy entra en premier, sous le regard bienveillant des fiers cerbères protégeant l’entrée de ce nouveau temple de la nuit. Arrive mon tour mais je suis alors éconduit en ces mots : « Désolé, aujourd’hui c’est réservé aux habitués ».

Une observation rapide des acceptations et refus suivants, observation corroborée ultérieurement par quelques autres ami-e-s ayant eu le privilège d’entrer en ces lieux et d’y observer les « habitués », me donna une définition précise de ce qu’est un « habitué » : un « habitué » est un « blanc ».

Leçon n°1 de vocabulaire politiquement correct à l’attention des « gros cons » :

On ne dit pas un « blanc » mais un « habitué ».

(T’es noir!) D’où tu viens?

Août 2008,  journée d’été des Verts :

« Bonjour,
–          Bonjour,
–          D’où viens-tu ?
–          Je viens de Loire-Atlantique,
–          Mais encore ?
–          De Rezé, près de Nantes.
–          Non, enfin, je veux dire qu’elles sont tes origines ?
–          Je suis né à Nantes, j’ai passé une bonne part de ma petite enfance dans une ferme, à Saulnières, au sud de Rennes puis jusqu’à 18 ans j’ai vécu à Rezé, puis j’ai suivi des études à Rennes, j’ai travaillé à Rennes, à Paris, dernièrement, je suis revenu vivre à Rezé.
–          Non, je veux dire qu’elles sont tes origines ?
–          Tu veux dire les origines de mes parents ?
–          Oui.
–          Ma mère est née à Soulvache, la commune la plus au nord de la Loire-Atlantique, mon père est né dans un village près de Sarh, à l’époque c’était en France, maintenant, c’est au Tchad
–          Ah !
–          Mes Parents se sont rencontrés quand mon père suivait des études de médecine à Nantes, c’est ma mère qui m’a élevé, sans contact avec le Tchad, c’est pourquoi je n’ai pas immédiatement saisi le sens de ta question.
–          Ah d’accord, je croyais que tu étais d’origine xxx, j’ai séjourné en Afrique et je connais bien les xxx, tu pourrais être xxx… »

Variante la plus courante : « Ah d’accord,  j’étais certain(e) que tu étais antillais, tu pourrais être antillais… »

Noir-e-s, nous avons l’habitude d’être questionné sur l’origine de nos parents. Ces questions sont souvent émises par des personnes bienveillantes, ouvertes et accueillantes ou cherchant un lien commun particulier, mais, pourquoi ne sont-ce pas nos origines personnelles, notre histoire, mais,  les origines de nos parents, leurs histoires, qui ont une importance toute particulière dès que la couleur de peau sort de la moyenne?

S’il-te-plait, quand ma couleur te pose question, soit simple, dis-le, demande-moi, comme le font les enfants : « Pourquoi tu es noir ? », « Pourquoi as-tu des cheveux frisés ? »« Pourquoi as-tu un nez de bébé ? »… En enrobant ceci dans une question généraliste, ceci laisse un arrière goût désagréable, la sensation que la couleur de la peau est un élément déterminant auquel il me faut obligatoirement penser.

Un jour, tu comprendras que les apparences ne déterminent pas les êtres. … Un jour, tu comprendras qu’un-e noir-e, un-e arabe, un-e gros-se, un-e maigre, un-e homo, un-e petit-e, un-e géant-e, (…) ne se sent pas fondamentalement différent-e sans  ton propre regard, … Un jour.

François NICOLAS, Rezé(44), Bretagne sud.

http://mingata.eu/

PS: si tu as 3 minutes et 6 secondes, prend le temps de regarder la vidéo suivante:

Qu’est-ce que… l’identité nationale?