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Servir ou asservir ?

Amnesty a conduit une enquête aux résultats édifiants sur les atteintes à nos droits fondamentaux (https://www.amnesty.fr/liberte-d-expression/actualites/droit-de-manifester-en-france).

Les personnes qui nous représentent oseraient restreindre nos libertés fondamentales ? Elles sont les représentantes d’un peuple souverain. Quand le peuple est souverain, l’état et le gouvernement n’ont que le pouvoir que l’ensemble des citoyens et citoyennes donne librement.

Ainsi, dès qu’une personne nous représentant restreint les libertés fondamentales, dont celle d’exprimer dans l’espace public une divergence d’opinion, elle perd sa légitimité : elle n’est plus la représentante d’un peuple souverain mais une dirigeante usant d’un pouvoir qui, s’il a été librement donné par le peuple, n’est plus qu’imposé au peuple.

En somme, à chaque fois qu’une autorité abandonne son espoir de protéger les manifestant-e-s et interdit une manifestation, à chaque fois qu’il est reproché à un-e manifestant-e de chercher à protéger son intégrité physique, c’est le principe d’un pouvoir appartenant au peuple et prêté à des représentants qui est menacé, attaqué, réduit.

Alter’Naïvement,

François NICOLAS, REZE(44)

 

Comprendre les enjeux et dangers de l’état d’urgence

En quatre vidéos, l’intégralité d’un débat organisé par le collectif nantais sortir de l’état d’urgence (observatoirelibertesnantes@rezocitoyen.­net) avec, après une introduction par Anne BOUILLON, les interventions Serge PORTELLI et Henri LECLERC.
(Vidéos: François NICOLAS, REZE(44), http://mingata.eu/)


Introduction par Anne BOUILLON:


Intervention de Serge PORTELLI:


Intervention de Henri LECLERC:


L’intégralité du débat:


Signez la pétition : « pour nous, c’est définitivement non! »
http://www.nousnecederonspas.org/
Non au projet de déchéance de la nationalité, non à une démocratie sous état d’urgence, non à une réforme constitutionnelle imposée sans débat, en exploitant l’effroi légitime suscité par les attentats.
Nous n’acceptons pas la gouvernance de la peur, celle qui n’offre aucune sécurité mais qui assurément permet de violer nos principes les plus essentiels.
Notre rejet est absolu. Nous appelons tous ceux et celles qui partagent une autre idée de la France à le manifester.


 

Nous ne céderons pas !

Ceux qui, au nom de Daech, ont fait subir à Paris et à Saint-Denis un moment d’inhumanité absolue ne nous feront pas céder. Rien ne peut justifier ces assassinats, ici ou ailleurs. Chacune des victimes vit en nous parce que nous appartenons à la même humanité. Notre solidarité à leur égard et à l’égard de leurs familles est totale. Ce crime est immense mais c’est en continuant à vivre librement et fraternellement que notre réponse sera à la hauteur.

Nous ne sommes pas naïfs : nous savons que ces actes de terrorisme appellent des réponses à la mesure du danger qu’ils représentent. Comme nous savons que le rôle des forces de l’ordre et de la justice est essentiel pour protéger nos libertés. Mais cela ne doit pas nous empêcher de réfléchir aux réponses que notre société doit apporter à ces actes et à celles déjà mises en œuvre.

C’est la démocratie qui est mise à mal quand le Parlement est appelé à délibérer d’un jour à l’autre, sous la pression de l’émotion et les assauts de démagogie de responsables politiques qui cultivent la peur.

Après la prorogation de l’état d’urgence et l’extension des pouvoirs de police, d’autres mesures sont encore annoncées par le président de la République.

Il nous paraît essentiel de rappeler que rien ne doit nous faire sortir de l’Etat de droit et nous priver de nos libertés. L’état d’urgence ne peut devenir un état permanent et les conditions de sa mise en œuvre ne sauraient entraver la démocratie sociale, l’exercice de la citoyenneté et le débat public.

Depuis 1986, les lois accordant plus de pouvoirs aux forces de l’ordre, organisant une justice d’exception et restreignant nos libertés, au prétexte de lutter contre le terrorisme, s’empilent. L’adoption d’autres dispositifs législatifs, y compris d’ordre constitutionnel, exige de poser la question de leur efficacité et de l’atteinte supplémentaire aux libertés qu’ils constituent. Avant de modifier la loi et de conférer à l’Etat des pouvoirs accrus, il faut que celui-ci s’interroge sur ce qui n’a pas permis d’éviter une telle abomination. La réponse des autorités se veut martiale, elle n’est pas une assurance de sécurité et ne garantit en rien le respect de nos libertés.

Vouloir priver de leur nationalité jusqu’aux personnes nées françaises, c’est délivrer une nouvelle fois le message d’une France divisée. Le silence du président de la République, lors de la réunion du Parlement, sur l’indispensable engagement de l’Etat en faveur de l’égalité des droits, de la justice sociale, sur le développement des services publics, contre toutes les discriminations et contre toutes les manifestations de racisme accroît dramatiquement le sentiment d’exclusion que vit toute une partie de notre peuple. Il donne ainsi un peu plus corps à la stigmatisation croissante qui s’exerce mettant en péril notre volonté de vivre ensemble.

Nous voulons que ces dramatiques événements soient, au contraire, l’occasion de construire un autre chemin que celui qui nous est proposé. Un chemin qui refuse de désigner des boucs émissaires et qui refuse que la France soit en guerre contre elle-même. Un chemin qui donne à la paix et à l’égalité des droits toute leur place et qui s’engage en faveur d’une France solidaire, ouverte à l’autre, accueillante, libre et fraternelle.

Pour nos libertés, pour une société où la fraternité a toute sa place, nous ne céderons pas à la peur dans laquelle veulent nous faire vivre ceux et celles qui font de la mort leur raison de vivre.

Nous appelons les femmes et les hommes de ce pays à rester solidaires et à lutter contre toute forme de racisme. Nous appelons aussi à la défense des libertés car nous ferons prévaloir en toutes circonstances notre liberté d’information, d’expression, de manifestation et de réunion. Nos organisations construiront, partout en France, ces lieux qui nous permettront de débattre et nous exercerons une vigilance permanente afin que nos droits et libertés soient préservés et que nul ne soit victime de discriminations.

 

Paris, le 25 novembre 2015

 

Premiers signataires :

AC ! Agir ensemble contre le chômage !, AFD International, Agir pour le changement démocratique en Algérie (Acda), Alofa Tuvalu, Altertour, L’Appel des appels, Assemblée citoyenne des originaires de Turquie (Acort), Association Avocats pour la défense des droits des détenus, Association démocratique des Tunisiens en France (ADTF), Association française des juristes démocrates (AFJD), Association France Palestine solidarité (AFPS), Association générale des étudiants de Paris-Sorbonne (Ageps), Association Grèce France Résistance, Association interculturelle de production, de documentation et de diffusion audiovisuelles (AIDDA), Association des Marocains en France (AMF), Association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers (Anafé), Association nationale des pieds-noirs progressistes et leurs amis (ANPNPA), Association pour la reconnaissance des droits et libertés aux femmes musulmanes (ARDLFM), Association des travailleurs maghrébins de France (ATMF), Association des Tunisiens en France (ATF), Association des universitaires pour le respect du droit international en Palestine (Aurdip),  Attac, Cadac, Cedetim, Centre islamique Philippe Grenier (CIPG), Centre de recherche et d’information pour le développement (Crid), CISPM/ Maroc, Collectif 3C, Collectif des 39,Collectif des associations citoyennes, Collectif CGT Insertion-Probation (UGFF-CGT), Collectif La Chapelle debout !, Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), Collectif des féministes pour l’égalité (CFPE),  Collectif Judéo Arabe et Citoyen pour la Palestine (CJACP),Collectif Memorial 98, Collectif des musulmans de France (CMF), Collectif national pour les droits des femmes (CNDF), Collectif national des Faucheurs volontaires, Collectif Ouiouioui, Collectif Stop le contrôle au faciès, Comité pour le développement et le patrimoine (CDP), Comité pour le respect des libertés et des droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT), Commission islam et laïcité, Confédération syndicale des familles (CSF), Confédération générale du travail (CGT), CGT-Finances publiques, Conseil national des associations familiales laïques (Cnafal), Confédération nationale du logement (CNL), Confédération paysanne, Conseil des Migrants  Subsahariens au Maroc, Conseil national des arts vivants (Synavi), Coordination de l’action non-violente de l’Arche (Canva), Coordination contre le racisme  et l’islamophobie (CRI), Coordination nationale Pas sans nous, Droits devant !, Droit au logement (Dal), Droit solidarité, Emancipation Tendance intersyndicale, Emmaüs France, Emmaüs International, Espace Marx, Fédération des associations des travailleurs et des jeunes (DIDF-France), Fédération des CRICs, Fédération française des motards en colère (FFMC), Fédération internationale des Ligues des droits de l’Homme (FIDH), Fédération nationale de la Libre pensée, Fédération des Tunisiens citoyens des deux rives (FTCR), Femmes Solidaires, Filles et fils de la République (FFR), Fédération syndicale unitaire (FSU), Fondation Copernic, Fondation sciences citoyennes, Genepi, Génération libre, Ipam, Jinov International, La Cimade, La Ligue de l’enseignement, La Quadrature du Net, Le Gisti, Le Mouvement de la paix, Les Amis de la terre France, Les Amoureux au ban public, Les Céméa, Liberpensula Frakcio de Sat, Ligue des droits de l’Homme (LDH), Maison des potes, Mamans toutes égales (MTE), Marche des femmes pour la dignité (Mafed), Médecins du monde, Minga-agir ensemble pour une économie équitable, Mouvement pour une alternative non-violente (Man), Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap), Négajoule!, Observatoire citoyen du CRA de Palaiseau, Observatoire international des prisons (OIP) – section française, Organisation de femmes égalité, Osez le féminisme !, Participation et spiritualité musulmanes (PSM), Planning familial, Pôle de renaissance communiste en France (PRCF), Réseau d’alerte et d’intervention pour les droits de l’Homme (RaidH), Réseau éducation sans frontières (RESF), Réseau euromaghrébin culture et citoyenneté (REMCC), Réseau Euromed France (REF), Réseau Immigration Développement Démocratie (IDD),SNJ-CGT, SNPES-PJJ/FSU, Snuclias-FSU, SNUEP-FSU, SNUITAM-FSU, Solidarité laïque, Sud Intérieur, SUPAP-FSU, Survie, Syndicat des avocats de France (Saf), Syndicat français des artistes interprètes (SFA), Syndicat de la Médecine Générale, Syndicat national des arts vivants (Synavi), Syndicat national des journalistes (SNJ), Unef, Une Autre voix juive (UAVJ), Union juive française pour la paix (UJFP), Union nationale lycéenne (UNL), Union rationaliste, Union des travailleurs immigrés tunisiens (Utit), Union syndicale de la psychiatrie (USP), Union syndicale Solidaires.

Associations locales et autres :

AC ! Trégor, Asti 93, Clamart-Citoyenne,Collectif 07 stop au gaz et huile de schiste, Collectif BDS Saint-Etienne, Collectif D’ailleurs nous sommes d’ici Tours 37, Collectif Justice & Libertés (Strasbourg), Collectif lyonnais jamais déchue, Collectif Maquis de Corrèze, Collectif Romeurope 94, Collectif de soutien aux sans-papiers du Trégor-Goëlo, Espace franco-algérien, Faucheurs volontaires de la Loire, Halte OGM 07, la revue Inprecor, le journal Regards, Réseaux citoyens Saint-Etienne, Revue Mouvements, Vigilance OGM 18.

 

Appel unitaire signé par 127 associations et 19 syndicats.

De la corrida à la barbarie économique, les mots ont un sens.

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On nous dit qu’une corrida est une confrontation entre de dangereux taureaux de combat et de courageux toreros parés de magnifiques habits de lumière. Il n’y a aucune confrontation entre un torero et un taureau : ce dernier n’a rien demandé. L’idée d’une confrontation, d’un combat, est une escroquerie.

L’emploi de l’expression fantasmagorique de taureau de combat me met mal à l’aise: un taureau ne cherche à se défendre que par notre volonté, pour sa survie. Le seul fait d’utiliser l’expression « taureau de combat » nous prédispose à accepter ce monde imaginaire qui masque la glorification de notre soumission à la violence.

Cette instrumentalisation des mots n’est pas un phénomène isolé, c’est un principe global de conditionnement de nos comportements.

De même qu’on accepte plus facilement l’idée de torero que de boucher, nous préférons l’idée de combat à celle de crime, de dommages collatéraux à celles de victimes innocentes, l’idée de tomber pour défendre les victimes des pires barbaries à celle de mourir en s’entretuant entre inconnus au profit de puissants qui se connaissent, l’idée de n’être que des victimes de lois naturelles plutôt que des exploités d’un système barbare.

Ainsi, nous préférons croire en une nécessité de croissance du PIB, une nécessité d’augmentation de notre compétitivité, une nécessité de vaincre pour survivre, plutôt que de regarder en face notre allégeance à un système économique en roue libre qui augmente chaque jour le domaine de la barbarie.

L’emploi de l’expression fantasmagorique de compétition économique me met mal à l’aise: un travailleur ne cherche à écraser les autres travailleurs que par peur de se retrouver sans ressource, parce qu’on conditionne son revenu à son acceptation de l’exploitation de l’homme par l’homme. Le seul fait d’utiliser l’expression compétition économique nous prédispose à accepter ce monde imaginaire constitué d’une élite quasi-divine grâce à qui les richesses seraient produites et qui partagerait généreusement une part de ses biens, au lieu de regarder en face la sur-exploitation des humains et de nos avenirs, notre soumission à un système économique barbare qui nous broie.

Il n’y a aucune confrontation nécessaire entre travailleurs : nous subissons ces compétitions permanentes, inutiles et contre-économiques, sans réellement les désirer. Nous sommes prisonniers de l’illusion d’être forcés de lutter entre-nous pour obtenir un revenu. L’idée de compétition économique est une escroquerie.

J’aime l’imagination, la beauté de la pensée mais, je déteste qu’elle soit perpétuellement instrumentalisée pour justifier des pratiques qui, en favorisant l’auto-exploitation de l’humanité, entravent la construction d’un monde plus juste, moins violent, des pratiques qui pérennisent les violences physique ou économiques et cherchent à les faire apparaître comme consubstantielles à notre humanité.

Oui, l’humanité a été et est encore très violente mais ceci évolue, nous aspirons à être de moins en moins barbares, de plus en plus civilisés.

Ne masquons plus nos fragilités par des bravades, nos peurs par des violences.
Rassurons-nous en nous réconciliant plutôt qu’en nous massacrant, en nous protégeant plutôt qu’en nous entretuant.
Paix et Amour,

François NICOLAS, REZE(44)
http://www.festivalnikon.fr/video/2013/1394

Agissons!

Nous avons jusqu’au 14 janvier pour voter afin que l’Europe étudie la viabilité économique d’un revenu de base universel:
https://ec.europa.eu/citizens-initiative/REQ-ECI-2012-000…

Chaque voix compte pour changer ce monde qui ne nous correspond pas, pour que l’avenir se concrétise par la diminution des compétitions, des barbaries, par l’augmentation de la civilisation:
https://ec.europa.eu/citizens-initiative/REQ-ECI-2012-000…

PS: plus d’info sur le revenu de base:
http://revenudebase.info/