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Vivre libre.

Quand par inadvertance on se surprend à penser à nos espoirs, à nos rêves, à nos capacités, à nos possibilités, à la facilité déconcertante avec laquelle nous pourrions vivre d’amour et de paix, et ce, pendant quelques centaines de millénaires, puis que l’on compare ceci avec la réalité de nos actes, à nos divisions, nos guerres, nos intolérances, nos égoïsmes, notre surconsommation, en somme, notre suicide collectif, il vient à l’esprit qu’il n’y a rien de plus à dire que…

Aussi, semble-t-il salutaire de se réveiller.

Car comment espérer, si l’on oublie de vivre libre.

Vivre en réagissant.

Réagir puis agir.

Agir pour construire une France à la hauteur de nos rêves.

Car, en définitive, on vaut mieux que ça.

Comment commencer? Sans doute en prenant tout d’abord le temps de se poser.

Puis, choisir une idée, un combat, un espoir à défendre.

Apprendre à dire non!

Oser s’impliquer personnellement.

Tout en gardant un peu de recul.

Lutter tant qu’ils n’ont pas détruit toute démocratie.

Innover pour protéger l’économie locale.

Se rassembler pour les empêcher de détruire les terres de France.

Préserver la liberté de produire sa nourriture sans être à la merci de multinationales destructrices d’avenir.

Refuser de brader nos droits.

Libérer nos imagination.

Agir ensemble.

Toutes et tous ensemble.

Donner à réfléchir.

Donner à réfléchir.

Donner à réfléchir.

Avoir une vision clair de nos objectifs.

Bref…

et

 

 

 

 

Bonheur Intérieur Brut?

C’est une séduisante idée que de calculer un Bonheur Intérieur Brut.

Chaque jour, nos hommes et nos femmes politiques nous jurent qu’ils et elles iront chercher « la croissance avec les dents », nous promettent de gagner 1 ou 2 points de croissance du produit intérieur brut et, au nom de ceci, ils et elles sacrifient tous nos acquis sociaux, tous nos biens communs, ils et elles sacrifient même la nature sans laquelle nous ne pouvons survivre.

Alors, pourquoi pas un Bonheur Intérieur Brut qui prendrait enfin en compte de ce qui nous tient à cœur?

Personnellement, j’ai comme un doute quand je pense à l’idée de mesurer de combien de centimètres nous progressons ou nous nous éloignons du bonheur, de nos rêves. J’ai plutôt tendance à croire que ce pourrait aussi être un moyen de nous faire avaler les pires décisions : « Puisque bla-bla-bla, grâce à l’exploitation des gaz de schiste, nous bla-bla-bla, et comme bla-bla-bla nous augmenterons de 5 centimètres le Bonheur intérieur Brut »…

Mais, surtout, ça ne changerait rien si nous ne changeons pas en profondeur notre économie.

C’est un piège que de débattre sur le P.I.B. en tant qu’indicateur: en tant qu’indicateur, comme tout indicateur, il est insuffisant, tout le monde est d’accord. Mais, le problème n’est pas son utilisation en tant qu’indicateur. Le problème est que notre système économique repose structurellement sur la croissance du P.I.B.

En effet, comme nous basons la création monétaire sur l’emprunt, il est nécessaire qu’il existe, au moment où nous rembourserons, une masse monétaire plus importante que celle qui existait au moment où nous avons emprunté : il faut avoir de quoi payer les intérêts.

Ainsi, structurellement, sans augmentation des sommes empruntées, notre système s’écroule, d’où la nécessité de la croissance du PIB.

Alors l’idée d’un Bonheur Intérieur Brut est séduisante mais ce n’est pas du P.I.B.comme indicateur dont il est vital de se libérer. Il est vital de se libérer de l’obligation structurelle d’augmenter la marchandisation de nos échanges.

Il y a de nombreuses manières de le faire, par exemple, en demandant aux banques centrales de ne plus financer indirectement  les banques privées mais de financer directement les états, ou encore mieux, en demandant aux banques centrales de ne plus équilibrer la masse monétaire en jouant sur les taux directeurs mais en donnant directement à l’ensemble des humains pour lesquels elles gèrent la masse monétaire disponible les sommes nécessaires à cet équilibre…

Bref, que des moyens qui entraînerait la fin de la toute puissance de celles et de ceux, personnes physiques ou morales, qui disposent des plus gros capitaux… D’où une capacité de résistance au changement extrêmement forte de la part des drogués de la « croissance du PIB »…

François NICOLAS, REZE(44)

http://www.mingata.eu

 

A les laisser crever, nous mourrons.

Personne n’a jamais demandé à ce que l’Europe accueille « toute la misère du monde ».

D’une part, tous les migrants ne cherchent pas à nous rejoindre: les migrations sont majoritairement internes aux frontières, plus rarement vers des pays limitrophes et encore plus rarement après un parcours de milliers de kilomètres. Ce n’est qu’une part des migrants que, ces quarante dernières années, par le durcissement des conditions d’entrée, nous avons poussée dans les bras de passeurs de moins en moins soucieux de la vie de leurs « clients ». Et, comme nous, pays riches en devise, nous imposons notre modèle, le durcissement de nos propres frontières s’exporte vers tous les pays, ne serait-ce que parce qu’une part significative des aides aux pays pauvres en devise est aujourd’hui spécifiquement dédiée aux renforcements de leurs propres frontières. Ceci augmente les conséquences des guerres et catastrophes puisque les hommes, femmes et enfants qui cherchent à survivre peuvent de moins en moins se déplacer dans les pays limitrophes aux leurs. Ainsi, notre construction d’une « Europe forteresse », construit des murs bien au-delà de nos frontières et transforme la nature même de l’humanité. Une humanité constituée de peuples tout d’abord majoritairement nomades, pour majoritairement  sédentaires et, maintenant, alors que nous n’avons jamais pu communiquer et voyager aussi facilement, de plus en plus refermés sur eux-mêmes: une humanité qui fini par oublier l’accueil, le partage, le bonheur de vivre ensemble, une humanité qui suicide son… humanité.

D’autre part, l’idée même « d’accueillir la misère » n’a pas réellement de sens. En effet, tout humain, s’il est en vie, est économiquement un générateur de richesse [ceci n’a rien à voir avec l’emploi, mais c’est un autre débat pour lequel je ne puis que vous conseiller de vous rapprocher du Mouvement Français pour un Revenu de Base inconditionnel(*1)]. Ainsi, plus nous sommes, plus nous nous enrichissons.

Enfin, cette soit-disant impossibilité « d’accueillir toute la misère du monde » ne se base pas sur les ressources disponibles. Il n’y a de soucis que lorsque les consommations dépassent les ressources mais, nous ne sommes plus auto-suffisant depuis longtemps: notre pays n’a plus suffisament de ressources internes pour garantir nos niveaux de vie, nous vivons déjà sur des ressources extérieures à nos frontières: la surconsommation des ressources est un problème mondial, les migrations n’y changent pas grand chose[C’est là aussi un autre débat que celui de notre sur-consommation(*2)].

Cette soit-disant impossibilité se basent sur la volonté de nos classes dirigeantes de ne rien changer qui pourraient remettre en cause leurs pouvoirs et privilèges. Sur leurs volontés de diviser les travailleurs, qu’ils soient ouvriers, commerciaux, cadres, ingénieurs, techniciens, médecins (…), afin que ne soit pas remis en question l’appropriation d’une part disproportionnée des richesses produites par une minorité de possesseurs de capitaux, afin que ces dirigeants continuent à nous inciter à nous battre pour ce qu’ils nous laissent de ce que mondialement nous produisont(*3).


La libre circulation des personnes est un droit nécessaire à la survie de l’humanité.

Cette libre circulation est ici à entendre dans le contexte actuel de fermeture de nos frontières face aux femmes, hommes et enfants qui fuient les guerres, les catastrophes, les persécutions…
Cette libre circulation est à entendre face à nos actuelles peurs des femmes, hommes et enfants qui cherchent seulement à survivre ou à vivre.

DROIT
(source : http://www.unesco.org/)
« Le refoulement signifie l’expulsion de personnes qui ont le droit d’être reconnues comme réfugiés. Le principe de non-refoulement est un principe clé du droit international relatif aux réfugiés, qui stipule qu’aucun Etat ne refoulera de quelque manière que ce soit un réfugié vers un pays où sa vie ou sa liberté peut être menacée. Ce principe inclut également la non-expulsion aux frontières. La base juridique de ce principe se trouve à l’article 33 de la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés. Il constitue la base juridique de l’obligation des Etats de fournir une protection internationale à ceux qui en ont besoin. L’article 33(1) stipule: « Aucun des Etats contractants n’expulsera ou ne refoulera, de quelque manière que ce soit, un réfugié sur les frontières des territoires où sa vie ou sa liberté serait menacée en raison de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques. »  »

SURVIE
D’une part, la libre circulation des personnes est nécessaire à la survie matérielle : les peuples humains ont survécus à de nombreuses catastrophes grâce à leurs mobilités.
D’autre part, la libre circulation des personnes est nécessaire à la survie spirituelle : l’humanité n’est plus si nous laissons mourir celles et ceux qui ont juste besoin de fuir pour leur survie, il ne reste alors que des existences vides de sens.

François NICOLAS, REZE(44)
http://www.mingata.eu

(*1) le site du MFRB: http://revenudebase.info/

(*1′)

(*2)

(*3) « Un banquier prend le thé son médecin. Le serveur apporte six viennoiseries. Le banquier en mange cinq puis, il dit à son médecin: attention, le serveur est un étranger, il pourrait voler ta part. »

 

En intelligence comme en connerie, nous sommes une et une seule humanité.

Que le racisme n’ait pas de couleur démontre son absurdité.

Je lis régulièrement des commentaires ou articles où les auteurs disent en substance que puisqu’ils ont déjà entendu un noir ou un arabe insulter notre pays, il n’y a pas lieu de lutter contre le racisme et les discriminations, je suis persuadé du contraire.

Je me souviens d’une attente dans une file de cinéma, d’un homme qui, m’affublant de noms d’oiseaux ou de singes, me demandait sans ménagement de rentrer manger des bananes chez moi. Au bout de quelques minutes, c’est un ami qui a demandé à cet homme d’arrêter : il n’avait pas l’habitude d’entendre un de ses amis insulté de la sorte.

Ceci fait toujours mal mais, souvent, je laisse dire. Au fil des années, on apprend que protester ne sert à rien si ce n’est que d’entendre les insultes redoubler d’intensité ou recevoir des coups; on apprend à ne pas penser les insultes comme l’expression d’une pensée profonde et raisonnée; on apprend à plaindre ceux qui ont besoin de se raccrocher à des boucs émissaires, ceux qui ont besoin, pour s’aimer, de détester, on apprend à ne pas donner prise aux insultes, on apprend que ceux-là même qui insultent, s’ils apprennent à nous connaître, s’il apprennent à se connaître, peuvent devenir des amis, au même titre que tout autre humain.

Je crois que l’immense majorité des noirs ou arabes de France laissent courir les insultes, courbent l’échine en attendant que ça se calme. Mais en quoi est-il étonnant que certains arabes ou noirs ne soient pas plus équilibrés que ceux qui nous insultent? La connerie, le racisme, la xénophobie, la bêtise, l’agressivité sont évidement partagés indépendamment de la couleur de peau.

A mon sens, au contraire d’affaiblir le besoin de lutte contre les discriminations, le «racisme anti-français» dont les partisans des replis identitaires font tant de publicité, puisqu’il prouve que la maladresse, la peur ou l’ignorance entraînent des réactions haineuses indépendamment de la couleur de la peau, conforte la pertinence de la lutte contre le racisme et les discriminations.

En intelligence comme en connerie, nous sommes une et une seule humanité.

François NICOLAS
http://www.mingata.eu

(article initialement publié le 08/03/2010 sur « Le Post »)

Nous sommes la vie ou la mort

Pour détruire des vies, détruire la vie, nous dépensons l’énergie et les matières qui manqueront à nos descendants.

N’est-il pas temps de changer ?
Ne sommes-nous pas les maillons des chaînes qui nous oppriment?
N’avons nous pas le pouvoir d’immédiatement rendre notre monde vivable et humain?

N’est-ce pas notre choix que de détruire ou construire ?
N’est-ce pas notre choix que d’accumuler des ressources qui manquent à d’autres ou de laisser les autres vivre ?
N’est-ce pas notre choix que de vivre ou de courir le plus vite possible vers la mort?

Pour vivre, il te suffit de ne pas participer aux actes qui te semblent injustes ou cruels.
Partager, vivre et laisser vivre, décroissance.

François NICOLAS, REZE(44)
http://www.mingata.eu/
PS, cette note a été écrite en réaction à la vidéo suivante:

Ska Keller, José Bové ou Martin Schulz.

Candidat de soutien (avant dernier homme de la liste) sur la liste Europe Écologie de Yannick Jadot dans la région Ouest, je suis persuadé que notre candidate et notre candidat à la présidence, Ska Keller et José Bové, sont les plus à même d’enfin orienter les politiques européennes vers l’avenir, vers le respect de la vie, vers un monde enfin paisible et équilibré.
Je viens de lire que la candidature de Jean-Claude Juncker, ancien premier ministre du Luxembourg, était soutenue par celui sans qui Europe Écologie n’aurait certainement pas reçu un tel soutien en 2009.
Mais, l’écologie politique nécessite une autre mondialisation, nécessite d’en finir avec les paradis fiscaux, nécessite de laisser plus de place à l’économie face à la spéculation, nécessite d’accorder une plus grande place aux partages face aux égoïsmes, nécessite que l’Europe sociale prenne le pas sur l’Europe de la finance.
Ainsi,  je n’aime pas le symbole d’une Europe dirigée par un homme qui a assumé que l’économie de son pays repose sur une concurrence fiscale suicidaire des progrès sociaux, de  l’avenir.
Ainsi, dépassant nos vives critiques contre la soumission de quelques dirigeants et dirigeantes socialistes françaises à la finance, leur non-décision d’en finir avec l’énergie produite au prix de la production massive de déchets radioactifs, leurs poursuite démagogique de la politique de fermeture des frontières, leurs renoncements quant au partage du travail, des revenus (…), si nous nous exprimons pour d’autres candidates ou candidats que Ska Keller et José Bové, nous devons prendre franchement position pour Martin Schulz.

Paix, amour et salade de nouilles,

François NICOLAS, REZE(44)
http://mingata.eu

 

De belles personnes

De vielles photos, une histoire que l’on devine complexe, le souvenir de belles personnes qui soutiennent, réconfortent et aiment.

de belles personnes.jpg

Souvenir épuré : se refuser toute musique qui orienterait le ressenti.

Souvenir brut : rendre compte de l’imprécision en rendant visible le grain des photos, rendre compte de la confusion des souvenirs par des défilements de négatifs.

Chuchotements, hésitations, silences.

Nous ne nous rappelons pas de nos premiers souvenirs mais ce sont ceux qui nous touchent le plus, les plus précieux.

Se souvenir, c’est s’émouvoir.

La vidéo est ici: http://www.festivalnikon.fr/video/2013/1394

Négritude – Petites anecdotes personnelles

(Petites anecdotes personnelles initialement publiées sur http://negritude.europe-ecologie.net )

naissance

Entretien d’embauche

Entendre sans y croire : « Déjà que vous êtes noir, il faudrait faire quelque chose pour vos cheveux.
– Déjà que je suis noir? Expliquez-moi.
– Bin oui, je ne suis pas raciste mais, parfois, avec certains clients ou collègues, ceci peut poser des problèmes.

Contrôle au faciès

Discuter place royale avec deux amis, être interrompu une vérification d’identité. Des trois je suis le seul noir et le seul à qui on demande de présenter ses papiers. Un petit rien insignifiant mais… Quand même… Non?

CV, avec ou sans photo?

Fin de la scolarité, un profil supposé en phase avec le marché de l’emploi, 100 CV envoyés, 3 réponses… Faire un test, garder le même CV, supprimer la photo : 10 CV envoyés, 7 réponses. Assez de jérémiades, quand on a la chance d’avoir un CV attirant, on a qu’à s’en prendre à soi-même si on ne fait pas l’effort de changer de couleur de peau.

Une question d’habitude

Attendre l’ouverture d’une séance de cinéma avec des amis, dans la rue. Voir un homme se rapprocher de moi. Respirer ses vapeurs d’alcool, écouter un flot ininterrompu de mots fleuris et imagés, « apprendre » que je n’ai rien d’un homme, que mon pays n’est pas mon pays, rester attentif pour ne pas être surpris s’il passe aux coups… Après quelques minutes, un de mes amis intervient, excédé, il n’a pas l’habitude, je suis son seul ami noir…

La glorification, depuis plus de vingt ans, des thèses racistes ou xénophobes par les politiques de tous bords, libère les intolérances. L’habitude nous conditionne, nous acceptons le pire. Qu’une journaliste ose appeler les « gros cons » par leurs noms et c’est toute la classe politique qui proteste contre son manque de respect envers des électeurs et électrices potentielles. Que ceci encourage les discriminations, ceci n’a aucun importance, nous avons l’habitude… Et si nous changions d’habitude?

Qu’est-ce donc qu’un habitué?

Il y a quelques années, quand la modération ne me conduisait pas à nourrir quelques réticences vis-à-vis des rythmes diffusés à des volumes incompatibles avec la préservation de mon audition, nous avions choisi, avec quelques amis, de poursuivre une soirée en entrant dans une discothèque qu’aucun de nous n’avait auparavant expérimentée. Guy entra en premier, sous le regard bienveillant des fiers cerbères protégeant l’entrée de ce nouveau temple de la nuit. Arrive mon tour mais je suis alors éconduit en ces mots : « Désolé, aujourd’hui c’est réservé aux habitués ».

Une observation rapide des acceptations et refus suivants, observation corroborée ultérieurement par quelques autres ami-e-s ayant eu le privilège d’entrer en ces lieux et d’y observer les « habitués », me donna une définition précise de ce qu’est un « habitué » : un « habitué » est un « blanc ».

Leçon n°1 de vocabulaire politiquement correct à l’attention des « gros cons » :

On ne dit pas un « blanc » mais un « habitué ».

(T’es noir!) D’où tu viens?

Août 2008,  journée d’été des Verts :

« Bonjour,
–          Bonjour,
–          D’où viens-tu ?
–          Je viens de Loire-Atlantique,
–          Mais encore ?
–          De Rezé, près de Nantes.
–          Non, enfin, je veux dire qu’elles sont tes origines ?
–          Je suis né à Nantes, j’ai passé une bonne part de ma petite enfance dans une ferme, à Saulnières, au sud de Rennes puis jusqu’à 18 ans j’ai vécu à Rezé, puis j’ai suivi des études à Rennes, j’ai travaillé à Rennes, à Paris, dernièrement, je suis revenu vivre à Rezé.
–          Non, je veux dire qu’elles sont tes origines ?
–          Tu veux dire les origines de mes parents ?
–          Oui.
–          Ma mère est née à Soulvache, la commune la plus au nord de la Loire-Atlantique, mon père est né dans un village près de Sarh, à l’époque c’était en France, maintenant, c’est au Tchad
–          Ah !
–          Mes Parents se sont rencontrés quand mon père suivait des études de médecine à Nantes, c’est ma mère qui m’a élevé, sans contact avec le Tchad, c’est pourquoi je n’ai pas immédiatement saisi le sens de ta question.
–          Ah d’accord, je croyais que tu étais d’origine xxx, j’ai séjourné en Afrique et je connais bien les xxx, tu pourrais être xxx… »

Variante la plus courante : « Ah d’accord,  j’étais certain(e) que tu étais antillais, tu pourrais être antillais… »

Noir-e-s, nous avons l’habitude d’être questionné sur l’origine de nos parents. Ces questions sont souvent émises par des personnes bienveillantes, ouvertes et accueillantes ou cherchant un lien commun particulier, mais, pourquoi ne sont-ce pas nos origines personnelles, notre histoire, mais,  les origines de nos parents, leurs histoires, qui ont une importance toute particulière dès que la couleur de peau sort de la moyenne?

S’il-te-plait, quand ma couleur te pose question, soit simple, dis-le, demande-moi, comme le font les enfants : « Pourquoi tu es noir ? », « Pourquoi as-tu des cheveux frisés ? »« Pourquoi as-tu un nez de bébé ? »… En enrobant ceci dans une question généraliste, ceci laisse un arrière goût désagréable, la sensation que la couleur de la peau est un élément déterminant auquel il me faut obligatoirement penser.

Un jour, tu comprendras que les apparences ne déterminent pas les êtres. … Un jour, tu comprendras qu’un-e noir-e, un-e arabe, un-e gros-se, un-e maigre, un-e homo, un-e petit-e, un-e géant-e, (…) ne se sent pas fondamentalement différent-e sans  ton propre regard, … Un jour.

François NICOLAS, Rezé(44), Bretagne sud.

http://mingata.eu/

PS: si tu as 3 minutes et 6 secondes, prend le temps de regarder la vidéo suivante:

Qu’est-ce que… l’identité nationale?