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Transformer la société toute entière en une société de travailleurs

(Un texte partagé par « Émile Simone » et que je ne peux résister à partager à mon tour)


 

« L’époque moderne s’accompagne de la glorification théorique du travail et elle arrive en fait à transformer la société toute entière en une société de travailleurs. Le souhait se réalise donc, comme dans les contes de fées, au moment où il ne peut que mystifier. C’est une société de travailleurs que l’on va délivrer des chaînes du travail, et cette société ne sait plus rien des activités les plus hautes et les plus enrichissantes pour lesquelles il vaudrait la peine de gagner cette liberté. Dans cette société qui est égalitaire, car c’est ainsi que le travail fait vivre ensemble les hommes, il ne reste plus de classes, plus d’aristocratie politique ou spirituelle, qui puisse provoquer une restauration des autres facultés de l’homme. Même les présidents, les rois, les premiers ministres voient dans leurs fonctions des emplois nécessaires à la vie de la société, et parmi les intellectuels il ne reste que quelques solitaires pour considérer ce qu’ils font comme des œuvres et non comme des moyens de gagner leur vie.
Ce que nous avons devant nous, c’est la perspective d’une société de travailleurs sans travail, c’est-à-dire privés de la seule activité qui leur reste. On ne peut rien imaginer de pire. »

Hannah Arendt, Condition de l’homme moderne.


 

Bonne annee 2015
Liberté, égalité, fraternité, décroissance,
bien vivre, enfin!
http://www.mingata.eu

François NICOLAS, REZE(44)

Ces femmes Kurdes.

Être pacifiste c’est ne recourir à la violence qu’en dernière extrémité mais être pacifique ce n’est pas ce laisser égorger. Je déteste la violence. Je déteste la glorification de la violence. Mais j’aime ces femmes qui démontre par l’exemple à ceux qui veulent les asservir qu’elles n’ont rien à leur envier, bien au contraire. Là où eux luttent contre elles, contre leurs libertés, contre la liberté de la moitié de l’humanité, elles luttent pour la liberté de toutes et tous, pour le droit de vivre en paix, pour le droit de vivre librement, pour le droit de vivre. Elles sont belles. L’humanité est belle.

Une armée européenne? Non merci!

Actuellement, même dans mon parti politique, beaucoup de pro-européen-ne-s souhaiteraient que l’UE se dote d’une armée européenne capable de conduire des opérations en dehors du territoire européen. Pour que l’Europe soit respectée ou pour faire des économies en mutualisant des moyens disent-elles/ils.

Ne serait-il pas dangereux de laisser à nos politiques nationaux le plaisir de se dédouaner des pires horreurs sur l’Europe? Ne le font-il pas déjà assez? J’imagine avec peu d’enthousiasme un monde où nos chefs d’état enverraient nos enfants risquer leurs vies pour tuer d’autres humains tout en se lavant les mains: c’est pas moi, c’est l’Europe…

Comment, si l’on tient compte de notre histoire, de l’histoire de tous les pays du monde, de l’histoire de toute l’humanité, peut-on raisonnablement penser que si l’Europe devient une puissance militaire alors qu’elle est déjà la première puissance économique mondiale, elle n’en abusera pas?

Je suis convaincu que nous devons apprendre à discuter, à partager. Je suis persuadé qu’être trop puissant ne permet pas d’être raisonnable, que la violence entraine la violence.

Nous devons apprendre à travailler avec le reste du monde, pas à le contraindre par la force. Ne pas apprendre à agir ainsi, c’est perdre toute chance d’augmenter le domaine de la  démocratie.
Nous ne vivons pas dans un monde pacifique, il n’est pas forcément déraisonnable de disposer de quoi se défendre mais si l’Europe dispose de quoi directement conduire des « opérations extérieures », l’Europe augmentera le niveau mondial de violence, de barbarie et…  enrichira les marchands de canon. Ces perspectives ne me séduisent pas.

 
François NICOLAS, REZE(44)
[Candidat de soutien (fin de liste) à Yannick Jadot : http://ouest.europe-ecologie.eu/ )]
http://mingata.eu/

De la corrida à la barbarie économique, les mots ont un sens.

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On nous dit qu’une corrida est une confrontation entre de dangereux taureaux de combat et de courageux toreros parés de magnifiques habits de lumière. Il n’y a aucune confrontation entre un torero et un taureau : ce dernier n’a rien demandé. L’idée d’une confrontation, d’un combat, est une escroquerie.

L’emploi de l’expression fantasmagorique de taureau de combat me met mal à l’aise: un taureau ne cherche à se défendre que par notre volonté, pour sa survie. Le seul fait d’utiliser l’expression « taureau de combat » nous prédispose à accepter ce monde imaginaire qui masque la glorification de notre soumission à la violence.

Cette instrumentalisation des mots n’est pas un phénomène isolé, c’est un principe global de conditionnement de nos comportements.

De même qu’on accepte plus facilement l’idée de torero que de boucher, nous préférons l’idée de combat à celle de crime, de dommages collatéraux à celles de victimes innocentes, l’idée de tomber pour défendre les victimes des pires barbaries à celle de mourir en s’entretuant entre inconnus au profit de puissants qui se connaissent, l’idée de n’être que des victimes de lois naturelles plutôt que des exploités d’un système barbare.

Ainsi, nous préférons croire en une nécessité de croissance du PIB, une nécessité d’augmentation de notre compétitivité, une nécessité de vaincre pour survivre, plutôt que de regarder en face notre allégeance à un système économique en roue libre qui augmente chaque jour le domaine de la barbarie.

L’emploi de l’expression fantasmagorique de compétition économique me met mal à l’aise: un travailleur ne cherche à écraser les autres travailleurs que par peur de se retrouver sans ressource, parce qu’on conditionne son revenu à son acceptation de l’exploitation de l’homme par l’homme. Le seul fait d’utiliser l’expression compétition économique nous prédispose à accepter ce monde imaginaire constitué d’une élite quasi-divine grâce à qui les richesses seraient produites et qui partagerait généreusement une part de ses biens, au lieu de regarder en face la sur-exploitation des humains et de nos avenirs, notre soumission à un système économique barbare qui nous broie.

Il n’y a aucune confrontation nécessaire entre travailleurs : nous subissons ces compétitions permanentes, inutiles et contre-économiques, sans réellement les désirer. Nous sommes prisonniers de l’illusion d’être forcés de lutter entre-nous pour obtenir un revenu. L’idée de compétition économique est une escroquerie.

J’aime l’imagination, la beauté de la pensée mais, je déteste qu’elle soit perpétuellement instrumentalisée pour justifier des pratiques qui, en favorisant l’auto-exploitation de l’humanité, entravent la construction d’un monde plus juste, moins violent, des pratiques qui pérennisent les violences physique ou économiques et cherchent à les faire apparaître comme consubstantielles à notre humanité.

Oui, l’humanité a été et est encore très violente mais ceci évolue, nous aspirons à être de moins en moins barbares, de plus en plus civilisés.

Ne masquons plus nos fragilités par des bravades, nos peurs par des violences.
Rassurons-nous en nous réconciliant plutôt qu’en nous massacrant, en nous protégeant plutôt qu’en nous entretuant.
Paix et Amour,

François NICOLAS, REZE(44)
http://www.festivalnikon.fr/video/2013/1394

Agissons!

Nous avons jusqu’au 14 janvier pour voter afin que l’Europe étudie la viabilité économique d’un revenu de base universel:
https://ec.europa.eu/citizens-initiative/REQ-ECI-2012-000…

Chaque voix compte pour changer ce monde qui ne nous correspond pas, pour que l’avenir se concrétise par la diminution des compétitions, des barbaries, par l’augmentation de la civilisation:
https://ec.europa.eu/citizens-initiative/REQ-ECI-2012-000…

PS: plus d’info sur le revenu de base:
http://revenudebase.info/

 

Qu’est-ce que… l’identité nationale?

Les valeurs fondamentales de la République Française combattent le dogme d’une identité nationale.

UNE ET INDIVISIBLE
La nation française, par sa création, son histoire et ses lois, ne définit pas ce qu’il faut être pour être français mais ce qu’il faut respecter. Ainsi, la République Française a pu, peut et pourra assimiler toutes les femmes, tous les hommes, toutes les cultures et demeurer une et indivisible.

LIBERTÉ
Notre nation est composée de femmes et d’hommes libres d’être eux-même, sans modèle pré-établi.

ÉGALITÉ
Notre république reconnait l’égalité de toutes les femmes et de tous les hommes.

FRATERNITÉ
Notre gouvernement à le devoir de garantir un équitable partage des ressources en garantissant que toutes les femmes et tous les hommes puissent travailler pour subvenir à leurs besoins et, quand, du fait de leur état ou des conditions économiques, elles ou ils ne peuvent travailler, de leur garantir une vie décente.

Nos valeurs sont simples et justes. Malheureusement, ce n’est pas le type de valeurs que celles ou ceux des politiques qui ont peur des néo-conservateurs, des contre-révolutionnaires ou des xénophobes osent ré-affirmer. A nous de les leur rappeler!

François NICOLAS, REZE(44)
http://mingata.eu/

Qu’est-ce que… la croissance?

Qu’est-ce que la croissance?


Avant d’évoquer la décroissance, il est utile de réfléchir à ce qu’est la croissance, de prendre un peu de recul sur l’économie qu’elle dessine…


 

Nos dirigeants sont dévoués à la croissance. Ils consacrent toutes les ressources de l’humanité, actuelle et à venir, à l’idée d’une croissance infinie du produit intérieur brut, le P.I.B.

La croissance du P.I.B. ne mesure pas les richesses produites mais la traduction financière de l’activité économique.

La croissance du P.I.B. mesure le coût financier réel ou estimé de nos activités, quelles que soient nos activités.

Produire toujours plus de choses, même inutiles ou néfastes, voilà ce qu’est une politique basée sur la croissance.

A la sortie de la guerre, quand nous devions reconstruire la France, il fallait produire massivement, la croissance du P.I.B pouvait coïncider avec le progrès. Ce n’est plus le cas. Chômage subit, inégalités, soins médicaux inaccessibles, pénuries de logements, égoïsmes, solitudes, violences, on nous dit que c’est la crise.

On nous dit que ce n’est qu’une crise, qu’il nous faut faire des efforts mais, il y a une autre explication. Regardons les choix économiques qu’entraîne la volonté de croissance du P.I.B.

Jeter et fabriquer augmente le P.I.B. alors, nous produisons des biens fragiles qu’on ne répare plus.

Plus vite un bien est démodé, plus vite il faut en fabriquer un autre, plus vite le P.I.B. augmente alors, les propagandes commerciales nous expliquent qu’il est utile de posséder les dernières nouveautés.

Moins il y a d’entraides entre les humains, plus un citoyen est dépendant du système, plus les consommations personnelles augmentent : égoïsmes et solitudes sont bons pour le PIB alors, structurellement, les liens entre les citoyens diminuent.

Comme une société privée doit rémunérer ses actionnaires, quand on privatise un service public, le P.I.B. est augmenté des bénéfices que la société privée doit dégager, alors, toute politique de croissance doit réduire les services publics.

Dans une économie d’offre et de demande, ce qui est abondant est gratuit, donc mauvais pour la croissance du PIB : tout système basé sur la croissance doit favoriser la rareté, priver une part grandissante de la population de biens essentiels, tous les biens et services auparavant gratuits deviennent payants.

Bilan

La croissance voulue par la pensée unique n’est que la croissance infinie du P.I.B. Elle est en contradiction avec le progrès, l’efficacité, la liberté, la générosité du vivant, l’abondance des énergies, le respect de l’avenir.

La croissance infinie du P.I.B. nécessite la création perpétuelle de nouveaux besoins. Ainsi, une économie basée sur une croissance infinie doit maintenir les citoyens dans un état d’insatisfaction permanente.

Loin du « vivre ensemble » une société basée sur la croissance du P.I.B. est une société du « consomme pour toi ».

La croissance n’est pas liée au progrès de l’humanité. Elle est cette « crise » qui nous détruit.

La croissance est cette « crise » qui nous détruit.

Décroissance.

François NICOLAS, Rezé(44)