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Se connaître au lieu de se distancer

Etre ou paraitre?
mingata.eu

Nous nous réfugions dans nos murs, devant nos télés ou nos ordinateurs.

Nous n’osons plus vivre en humain, partager, vivre avec et non sans les autres.

Dans ce monde sans conscience, nous nous réfugions dans le refus des différences, dans l’exclusion des autres.

Nous nous berçons dans l’illusion que mépriser les autres (les « non croyants », les « non musulmans », les « non chrétiens », les « non juifs », les « non européens », les « non patriotes », les « non blancs », les « non noirs », les « non nobles », les « non bourgeois », les « non ouvriers », les « non hétéros », les « non riches », les « non de droite », les « non travailleurs », les « non de gauche », les « non productifs », les « non écolos »…) pourrait redonner du sens à nos êtres.

Mais nous sommes toutes et tous humains, et en rejetant les autres, nous rejetons une part essentielle de nos êtres.

Mais nous sommes toutes et tous uniques alors, ce refus des différences est sans fin, si ce n’est la fin de l’humanité.

Tu es par ce que je vois en toi et non par ce que je n’y vois pas.

François NICOLAS, REZE(44)

https://www.facebook.com/FrancoisNicolas44

Droites dures et capitalisme

Comme il y a une quantité limité de matières premières, pour s’approprier de plus en plus de ressources, les plus riches doivent priver les plus pauvres des ressources nécessaires à leur survie.

Ainsi, les mécanismes d’augmentation sans limite des richesses des moins pauvres, comme, par exemple, les boucliers fiscaux, conduisent mécaniquement à l’augmentation des pénuries.

En période de pénurie, il y a principalement deux directions possibles :

  • partager équitablement les ressources mais ceci nécessitent de diminuer les égoïsmes des plus riches,
  • ou, augmenter les compétitions, les luttes à mort pour les ressources, mais ceci nécessite de diminuer les libertés individuelles, de renforcer les frontières, de conduire des guerres…

Les gouvernements soit-disant modérés, ceux-là même supposés vouloir préserver les valeurs républicaines, sont aveuglés par le fantasme d’une croissance infinie dans notre monde fini alors, mécaniquement, pour sauvegarder les plus riches, ils en viennent à diminuer les libertés individuelles, à renforcer les frontières, à conduire des guerres…

En trente ans de petits reculs démocratiques pour soutenir à bout de bras la croissance du PIB, ils transforment progressivement notre république et font la part belle aux droites les plus dures. Il aident par leurs aveuglements productivistes à crédibiliser le nationalisme, les compétitions fratricides, la xénophobie,…

Ces dogmes sont aujourd’hui « la pensée unique » :

  • il est plus facile de se dire nationaliste qu’altermondialiste,
  • il est difficile de faire entendre l’évidence : toute compétition est mécaniquement une machine à fabriquer des perdants, une machine à broyer,
  • il est plus facile de tenir des propos xénophobes que de défendre des humains de  nationalité étrangère,

Agfa, BASF, Bayer, Général motors, Opel, IBM, Krupp, Porsche , Volkswagen, (*) … Quelques exemples qui montrent que les droites les plus extrêmes sont les alliés objectifs des plus plus grands groupes capitalistes. Les multinationales sont ravies de trouver dans les régimes autoritaires des débouchés commerciaux captifs et des travailleurs aux libertés individuelles très diminuées tandis que les régimes les plus autoritaires, par leur fascination pour la centralisation des pouvoirs, sont ravis de concentrer les capitaux dans quelques  mains amies.

Il est toujours temps de changer de direction, il est toujours temps d’en finir avec la volonté de favoriser une croissance infinie dans un monde fini, d’en finir avec le toujours plus vite, toujours plus haut, toujours plus injuste, toujours plus exploité, toujours moins de démocratie, toujours moins d’humanité.

Il est toujours temps de choisir une autre voie, celle du partage des ressources, celle du partage du travail, celle de la diminution des frontières, celles des échanges, celle de la démocratie, celle de l’équilibre, celle de la prospérité.

 

Décroissance,

 

François NICOLAS, REZÉ(44), http://mingata.eu

 

(*)

Agfa, BASF, Bayer , … « Durant la guerre, IG Farben soutient le gouvernement nazi qui veut l’associer dès 1940 à l’Ordre économique nouveau, en lui permettant de bénéficier d’une main d’œuvre peu chère (début 1941, IG employait 12 360 étrangers, dont 2 162 prisonniers de guerre 6) et d’un « bloc économique allant de Bordeaux à Sofia »7, et tout en poursuivant une stratégie de cartel visant à dominer le marché mondial de la chimie des colorants de l’après-guerre8. Durant cette période de conflit, la direction de l’entreprise n’adhère pas totalement à la stratégie nazie qui envisageait notamment, une fois la guerre terminée, de délocaliser dans les pays périphériques la chimie allemande (…) De plus, l’une de ses filiales, la Degesch, produisant le gaz Zyklon B, initialement utilisé comme insecticide et raticide, en produira de grandes quantités pour les nazis qui les utiliseront dans les chambres à gaz de certains camps d’extermination. Pour satisfaire à la demande grandissante de main-d’œuvre, la société exploita aussi des travailleurs forcés dans plusieurs camps de travail. Au faîte de sa puissance, le conglomérat employa environ 190 000 personnes, dont 80 000 travailleurs forcés.  » (Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/IG_Farben )

Général motors, Opel,… « Durant cette période, ses usines allemandes d’Opel (acquises en 1929) sont sous le contrôle du régime nazi, mais seulement en façade. Le gouvernement allemand avait compris qu’une ingérence trop grande risquait de faire baisser la production et ainsi nuire à l’effort de guerre allemand8. Durant cette période, GM continua d’engranger des bénéfices, en exploitant une main d’œuvre bon marché, qui pouvait effectuer jusqu’à 60 heures par semaine. Elle utilisa une partie de ses bénéfices pour investir en Allemagne, en faisant notamment l’acquisition d’une fonderie à Leipzig en 1942, fabriquant des blocs moteurs pour Opel. »(source : https://fr.wikipedia.org/wiki/General_Motors#1908_:_origines )

IBM… « Ce sont aussi ces recensements efficaces, contenant des données ethniques et religieuses, qui permirent aux nazis de se saisir rapidement et presque totalement des populations de Juifs et de Roms en Allemagne et, avec une efficacité plus variable, dans les autres pays sous domination allemande. Edwin Black, dans son livre intitulé IBM et l’holocauste publié d’abord en anglais en 2001 puis en français la même année, démontre que le système informatique vendu par la corporation IBM (surtout la machine Hollerith) et les cartes perforées imprimées aux États-Unis expliquent en grande partie l’efficacité du recensement des Juifs et des Roms sous le Troisième Reich ce qui donna à ces machines IBM, ainsi qu’aux experts qui les faisaient fonctionner, un rôle essentiel dans la Shoah. » (source : https://fr.wikipedia.org/wiki/International_Business_Machines#IBM_et_le_r.C3.A9gime_nazi )

Krupp « La société a considérablement profité du réarmement illégal allemand des années 1920 et 1930. Gustav Krupp, en dépit de son opposition initiale au parti nazi, lui a fait des dons personnels importants, avant l’élection de 1933, parce qu’il voyait les avantages du nazisme pour l’entreprise. Il avait notamment fondé, avec Martin Bormann, le fonds Adolf Hitler de l’économie allemande (en), don du patronat pour soutenir le NSDAP. » (source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Alfried_Krupp_von_Bohlen_und_Halbach )

Porsche , Volkswagen… « En 1933, Ferdinand Porsche répond à la demande de Hitler et développe un modèle d’automobile démocratique, qui sera commercialisé en 1938 sous le nom de « Volkswagen », « voiture du peuple ». Elle est connue en France sous le nom de Coccinelle. » (source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Porsche )

Dire tout haut ce que toutes et tous pensent tout bas

Ce n’est une insulte pour personne que de dire tout haut le fond de la pensée de la majorité silencieuse. Le fond de la pensée de celles et de ceux qui aiment vivre la France comme un pays de libertés, de ripailles, de cultures populaires, un pays des droits humains, un pays d’abolition des privilèges, un pays de partage des ressources, un pays de construction d’un modèle de société protecteur des plus faibles.

Notre problème majeur est le manque de respect, par les pouvoirs économiques, pour les droits humains, pour la démocratie, pour l’abolition des privilèges, pour le partage des ressources, pour la construction d’un modèle de société protecteur des plus faibles.

Notre problème majeur est la capitulation face aux égoïsmes, aux xénophobies. La capitulation face au dogme majeur des droites et extrêmes-droites : le fantasme que tout irait mieux en donnant toujours plus à ceux qui ont déjà tout et toujours moins à ceux qui n’ont rien.

Les retours en arrière vers plus d’égoïsmes, de violences, de discriminations, plus de replis sur soi, plus de haines, n’ont rien d’une alternative au système actuel mais ne sont que la suite logique des politiques actuelles, ne sont que la poursuite du suicide collectif de l’humanité.

Les apports réels des personnes à l’humanité sont par définition inversement proportionnels à leurs comptes en banque. En effet, le pouvoir d’achat est un droit d’exploitation des ressources et du travail de toutes et de tous. Ainsi, plus on a de pouvoir d’achat, plus on peut prendre aux autres alors que nos revenus dépendent principalement de la loi du marché, de nos capitaux, de la finance et pas du tout de ce que l’on apporte vraiment aux autres… Glorifier la compétitivité n’est que glorifier l’exploitation des hommes, femmes et enfants, et, en dehors de ceci, ça ne sert à rien si ce n’est à nous appauvrir en nous opposant les uns aux autres tout en dilapidant les ressources de toutes et de tous au profit de quelques-uns.

Par sa seule existence, toute personne est une richesse. Ce ne sont jamais les billets de banque qui travaillent. Ce ne sont jamais les capitaux mais seulement les personnes qui transforment les ressources en richesse.  Par le simple fait de vivre, d’avoir des activités, de respirer, nous travaillons! Dans notre économie financiarisée l’utilité des emplois est souvent réduite à une répartition arbitraire des revenus alors qu’il serait bien plus simple, plus démocratique et plus viable économiquement d’attribuer inconditionnellement un revenu de base à toutes et tous. La richesse de l’humanité ne réside pas dans notre asservissement aux capitaux, aux pouvoirs centralisés, à nos papiers d’identités, à nos autorisations administratives de séjour. La richesse de l’humanité est dans les hommes, les femmes et enfants que nous sommes.

Il faut bien peu de réflexion pour croire que le problème, c’est l’autre, celui que, par sa naissance, sa pauvreté, sa religion, sa couleur de peau, la couleur de ses cheveux, son poids, sa taille ou ses opinions politique, j’identifie comme différent de moi.

C’est parfois difficile de s’ouvrir aux autres. L’amour est semé d’embûches, de difficultés, de mises en danger. Et alors ? Serions-nous des lâches baissant les bras aux moindres difficultés ? Des enfants qui se recroquevilleraient sur eux-même, entres-eux, préférant faire peur en montrant les crocs plutôt que d’esquisser des sourires? Il n’y a aucun avenir à préférer précipiter notre perte, à s’enfermer dans nos cauchemars plutôt que de poursuivre nos rêves.

Ce n’est une insulte pour personne que d’affirmer qu’être civilisé c’est apprendre à construire ensemble, toutes et tous ensemble, apprendre à tendre la main, apprendre à ne pas opposer nos différences mais à rechercher nos complémentarités, apprendre à fortifier ce qui nous rassemble.

Alternativement,

François NICOLAS, REZE(44)
http://mingata.eu/

 

En intelligence comme en connerie, nous sommes une et une seule humanité.

Que le racisme n’ait pas de couleur démontre son absurdité.

Je lis régulièrement des commentaires ou articles où les auteurs disent en substance que puisqu’ils ont déjà entendu un noir ou un arabe insulter notre pays, il n’y a pas lieu de lutter contre le racisme et les discriminations, je suis persuadé du contraire.

Je me souviens d’une attente dans une file de cinéma, d’un homme qui, m’affublant de noms d’oiseaux ou de singes, me demandait sans ménagement de rentrer manger des bananes chez moi. Au bout de quelques minutes, c’est un ami qui a demandé à cet homme d’arrêter : il n’avait pas l’habitude d’entendre un de ses amis insulté de la sorte.

Ceci fait toujours mal mais, souvent, je laisse dire. Au fil des années, on apprend que protester ne sert à rien si ce n’est que d’entendre les insultes redoubler d’intensité ou recevoir des coups; on apprend à ne pas penser les insultes comme l’expression d’une pensée profonde et raisonnée; on apprend à plaindre ceux qui ont besoin de se raccrocher à des boucs émissaires, ceux qui ont besoin, pour s’aimer, de détester, on apprend à ne pas donner prise aux insultes, on apprend que ceux-là même qui insultent, s’ils apprennent à nous connaître, s’il apprennent à se connaître, peuvent devenir des amis, au même titre que tout autre humain.

Je crois que l’immense majorité des noirs ou arabes de France laissent courir les insultes, courbent l’échine en attendant que ça se calme. Mais en quoi est-il étonnant que certains arabes ou noirs ne soient pas plus équilibrés que ceux qui nous insultent? La connerie, le racisme, la xénophobie, la bêtise, l’agressivité sont évidement partagés indépendamment de la couleur de peau.

A mon sens, au contraire d’affaiblir le besoin de lutte contre les discriminations, le «racisme anti-français» dont les partisans des replis identitaires font tant de publicité, puisqu’il prouve que la maladresse, la peur ou l’ignorance entraînent des réactions haineuses indépendamment de la couleur de la peau, conforte la pertinence de la lutte contre le racisme et les discriminations.

En intelligence comme en connerie, nous sommes une et une seule humanité.

François NICOLAS
http://www.mingata.eu

(article initialement publié le 08/03/2010 sur « Le Post »)