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Transformer la société toute entière en une société de travailleurs

(Un texte partagé par « Émile Simone » et que je ne peux résister à partager à mon tour)


 

« L’époque moderne s’accompagne de la glorification théorique du travail et elle arrive en fait à transformer la société toute entière en une société de travailleurs. Le souhait se réalise donc, comme dans les contes de fées, au moment où il ne peut que mystifier. C’est une société de travailleurs que l’on va délivrer des chaînes du travail, et cette société ne sait plus rien des activités les plus hautes et les plus enrichissantes pour lesquelles il vaudrait la peine de gagner cette liberté. Dans cette société qui est égalitaire, car c’est ainsi que le travail fait vivre ensemble les hommes, il ne reste plus de classes, plus d’aristocratie politique ou spirituelle, qui puisse provoquer une restauration des autres facultés de l’homme. Même les présidents, les rois, les premiers ministres voient dans leurs fonctions des emplois nécessaires à la vie de la société, et parmi les intellectuels il ne reste que quelques solitaires pour considérer ce qu’ils font comme des œuvres et non comme des moyens de gagner leur vie.
Ce que nous avons devant nous, c’est la perspective d’une société de travailleurs sans travail, c’est-à-dire privés de la seule activité qui leur reste. On ne peut rien imaginer de pire. »

Hannah Arendt, Condition de l’homme moderne.


 

Bonne annee 2015
Liberté, égalité, fraternité, décroissance,
bien vivre, enfin!
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François NICOLAS, REZE(44)

Qu’est-ce que… le « droit du sol »?

Qu’est-ce que… le « droit du sol »?

Qui est Français?

Code Civil – Livre 1er – Titre 1er bis Chapitre II
Article 18
Est français l’enfant dont l’un des parents au moins est français. (…)
Article 19 – 3
Est français l’enfant né en France lorsque l’un de ses parents au moins y est lui-même né. (…)

Les articles 18 et 19-3 du Code Civil définissent qui est français de plein droit.
Deux cas sont possibles:
« droit du sang« : est français celui ou celle dont un des parents est français.
– « double droit du sol« : est français celui ou celle qui est né en France et dont un des parents est né en France.

Ainsi, être né en France ne suffit déjà pas pour être français de plein droit. Les spécialistes de la nationalité française ne parlent pas de « droit du sol » mais de « double droit du sol ».

Il n’est pas besoin de modifier les lois françaises pour mettre fin au simple droit du sol : il n’existe pas, seul le double droit du sol existe.

Une des multiples modalités d’acquisition de la nationalité française

Par contre, afin de respecter la volonté de constitution d’une république unie et indivisible, le législateur a prévu le cas des enfants simplement nés en France. Ceux-ci ne sont pas français mais, il le deviennent, à leur majorité, et seulement s’ils ont passé, entre 11 ans et 18 ans, plus de 5 ans en France.

Code Civil – Livre 1er – Titre 1er bis Chapitre III
Paragraphe 3 : Acquisition de la nationalité française à raison de la naissance et de la résidence en France (…)
Article 21-7
Tout enfant né en France de parents étrangers acquiert la nationalité française à sa majorité si, à cette date, il a en France sa résidence et s’il a eu sa résidence habituelle en France pendant une période continue ou discontinue d’au moins cinq ans, depuis l’âge de onze ans. (…)

Ceux et celles qui luttent contre « le droit du sol » ne parlent jamais des conditions du « double droit du sol » mais des conditions de cette modalité d’acquisition de la nationalité française à la majorité.

Qui est concerné par cette modalité d’acquisition? Du fait de l’association de la condition de naissance avec une durée de résidence en France de 5 ans entre 11 ans et 18 ans, cette modalité d’acquisition concerne ultra-majoritairement de jeunes adultes qui sont nés en France et ont reçu une éducation française. Ce droit est prévu pour de jeunes adultes que rien ne distingue de jeunes adultes français.

Les politiques qui luttent contre ce droit sont-ils conscients que leur lutte ne prend tous son sens que pour celles et ceux qui chérissent des thèses communautaristes, xénophobes ou racistes?

Sont-ils conscients que leur lutte ne prend tous son sens que dans l’offensive mondiale d’exacerbation des nationalismes visant à diviser les exploités de toutes nationalités et de tous pays pour éviter qu’ils se retournent contre celles et ceux qui les exploitent?

Ne laissons pas nos exploiteurs nous diviser et annihiler le bénéfice des facilités de déplacement et de communications modernes qui nous rapprochent et favorisent l’émergence d’une insurrection des consciences face à ces divisions, ces haines et ces compétitions qui détruisent l’humanité.
François NICOLAS, REZE(44)
http://mingata.eu/